‹ BerryerChapitre 150 sur 211 · De Falloux, Mémoires, H, p · texte numérisé non relu

De Falloux, Mémoires, H, p

auriez encore après cette réélection inconstitutionnelle ; vous résisteriez, vous soutiendriez la lutte, et quelle lutte l.... Nous, nous ne voulons pas de guerre civile en France, mais en est-il une occasion plus redoutable : le parti du parlement 1 le parti du président 1 Vous perpétuer! ez- vous ? Vous prolongeriez-vous pour soutenir cette lutte? Vous feriez-vous Long-Parlement? En auriez- vous..,.? Oui, vous en auriez l'énergie parce que vous êtes patriotes ; mais vous violeriez donc aussi vous-mêmes la constitution? Ainsi de toutes parts, parla nation, par l'Assemblée, pour soutenir une lutte engagée en l'honneur de la constitution, la constitution serait violée, et le déchirement serait au sein des pouvoirs et du pays, du pays livré aux chances des luttes, aux chances des coups de main....

Ah ! mes amis. Messieurs de la majorité, comprenez bien, écoutez, reconnaissez les voix qui nous entretiennent de nos dissensions passées, qui aigrissent nos ressentiments, qui approfondissent nos divisions, reconnaissez ces voix, comprenez-les, que ce vous soit un grand avertissement ; unissons-nous de plus en plus ; majorité, tous de la majorité, soyez inséparables en face des dangers et de la sédition et de l'ambition ; soyez inséparables dans l'ordre légal ; rappelez-vous comment nous avons traversé les mauvais jours; que ce souvenir douloureux soit une leçon immense, une leçon toute-puissante pour nous rendre forts en face des périls qui s'avancent ».

Personne n'a mieux jugé que M. L. Veuillot ce magistral discours : « Tout éloge du discours de M. Berryer, écrivait-il, serait pâle et insuffisant; il faut le lire. Mais qu'on se garde bien de croire qu'on le connaîtra lorsqu'on l'aura lu. Quelque beau et fort qu'il soit encore, ce ne sera qu'un portrait, une image magnifique, mais morte. Nous avons vu et entendu la vie. Ah ! que cela fait de bien dans une discussion de ce genre, et après un discours et des applaudissements comme ceux qui venaient de retentir ; que cela fait de bien, quand le bon sens, la probité, la vérité, prennent enfin la parole et éclatent avec toute la splendeur que la conscience leur souhaitait!.... Dieu qui aime la vérité et la justice se plaît à les faire resplendir sur les lèvres qui s'ouvrent pour les confes-

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