M°" de Janzé, passim
trons décidément dans la belle saison. Que je voudrais vous faire transporter ici d'un coup de baguette à cette heure 1 Au temps des fées vous me seriez venue bien mollement sur un nuage. Mais que faire de toute l'industrie de notre siècle ? Les forces de la vapeur et la rapide électricité des télégraphes ne sont au gré de nos désirs que d'impuissantes pauvretés. Vous vous trouveriez si bien de cette douce atmosphère ! Les riches verdures, les floraisons odorantes reposent les yeux, rafraîchissent la tête et charment la pensée. Pour qui comme moi n'a presque plus ici-bas que les joies du regard, la campagne est pleine d'expressions qui vont au cœur. Qu'il me plairait donc de vous voir sourire à tout ce qu'elle me dit i !....
Ce que Montaigne disait de l'amitié, Berryer l'applique à l'hospitalité : « Elle me donne la vigilance, la grâce, le soin de ma personne, l'oubli de mes maux, la liberté d'esprit, la gaieté. M Pour ses hôtes il se dédouble, il est à l'un, il est à l'autre, il est à tous ; il prodigue son temps avec joie, sans compter. Il connaît les besoins, les goûts, les désirs de chacun et les prévient avec une délicatesse exquise. Tous les jours il visite lui-même les chambres et veille à ce que rien ne manque. Ajoutez que le service est princier. Berryer dédaigne les plaisirs de la table ; mais pour ses amis il a fait venir une des meilleures cuisinières de Paris, 1' « incomparable Gélestine, » comme l'appelait Eug. Delacroix. Naturellement les distractions sont variées à Augerville. Tous les goûts y trouvent leur compte.
Le plaisir le plus apprécié est la conversation du châtelain. C'est une véritable fascination.
Du moment qu'on l'écoute, on lui devient ami,
affirme Alfred de Musset. « Il est intarissable en souvenirs racontés de la manière la plus piquante, » ajoute Delacroix ; un entrain, une verve, un esprit qui ne tombent jamais. Et, chose remarquable, on ne saurait relever dans ses discours ni une