‹ BerryerChapitre 192 sur 211 · Plaidoyers, HI, p · texte numérisé non relu

Plaidoyers, HI, p

ner en Anjou de détestables diffamateurs, prodigues de lettres anonymes, j'ai fait condamner à Lyon d'abominables empoisonneurs qui avaient à ce métier gagné des millions; j'arrive aujourd'hui de Normandie, où j'ai eu la consolation de faii'e acquitter un digne homme, père de famille, bon fermier, bien injustement accusé d'avoir causé la mort de sa propre fille i.

Les afifaires civiles n uccupenl pas moins Berr3^er que les causes criminelles. En 1860, il défend les droits de Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins. Un vieux gentilhomme, le marquis de Villette, se sentant mourir, a légué tous ses biens au prélat son ami. Mais l'exécuteur testamentaire, M. L. de Montreuil, parent du défunt, demande l'annulation à son profit du testament qu'il a lui-même conseillé. Il prétend que Mgr de Dreux-Brézé ne réclame le legs universel que pour en faire bénéficier le comte de Ghambord, lequel, aux termes des lois françaises, n'a pas le droit d'hériter. Le c vieux lion, » comme l'appelle son adversaire, M® Marie, se débat avec acharnement dans les broussailles juridiques de ce complexe procès ; il plaide à Glermont et l'emporte ; il plaide à Amiens et succombe ; il rappelle à Rennes, et s'il ne parvient pas à faire triompher l'évèque de Moulins, il arrache du moins la fortune du marquis .le Villette aux convoitises de M. de Montreuil.

Quelques mois après, au mois de janvier 1861, il soutient devant le tribunal civil de la Seine les prétentions de M. Jérôme Bonaparte-Patterson contre le prince Jérôme-Napoléon. Au cours du plaidoyer, M^ Allou croit devoir interpeller Berryer : « Si au lieu du prince Napoléon, dit-il, c'était un autre prince qui fut en cause, mon illustre adversaire ne serait pas à sa place ; il serait certainement à celle que j'occupe. — Non! s'écrie Berryer avec véhémence, non! si Mgr le

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