‹ BerryerChapitre 193 sur 211 · Lettre citée par M, Bérard des Glajeux, op. cit., p · texte numérisé non relu

Lettre citée par M, Bérard des Glajeux, op. cit., p

comte de Ghambord, mon maître, pouvait soutenir un pareil procès, non, je ne plaiderais pas pour lui !» Et en prononçant ces mots : « Mon maître, » l'orateur se découvre avec respect, et d'un geste si noble que les applaudissements éclatent dans le prétoire. Le président croit devoir protester : « Ces manifestations, dit-il, sont contraires à la loi. Vous pouvez, comme moi, admirer en silence. » Au reste, Berryer n'acceptait de plaider que des causes nobles et justes. Le duc de Brunswick, qu'il avait défendu devant les tribunaux anglais, s'adressa de nouveau à lui en 1862, dans un procès que lui intentait sa fille, la comtesse de Civry. Le duc appuyait sa demande d'un envoi de 50,000 francs. Berryer refusa noblement : a Monseigneur, lui écrivit-il, si j'ai défendu Votre Altesse contre le roi d'Angleterre et les puissants princes de sa famille, c'est qu'elle avait raison, mais je refuse de la défendre contre la comtesse de Civry, sa fille, parce qu'elle a cent fois tort. Je suis de Votre Altesse, etc. i.

Nous avons vu Berryer, en 1845, prendre en main la cause des charpentiers poursuivis pour grève. Les ouvriers typographes eurent également recours à son éloquence dans une circonstance semblable. Il les défendit avec chaleur et persévérance, et ce fut pour lui un vrai chagrin de n'avoir pu gagner leur cause. Gomme il ne voulait accepter aucune rémunération, les typographes résolurent de lui offrir un souvenir. Ils imprimèrent, exprès pour lui, un superbe et unique exemplaire des Oraisons funèbres de Bossuet. « Il nous reçut, disait plus tard le délégué de ces ouvriers, avec cette affabilité qui lui était particulière, et lui, si habitué à de semblables manifestations, fut tellement surpris que, d'une voix entrecoupée, il nous pria de lui laisser le temps de se re-

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