‹ BerryerChapitre 24 sur 211 · M"" de Rémusat, citée par M. de Lacomb · texte numérisé non relu

M"" de Rémusat, citée par M. de Lacomb

des plus brillantes couleurs, prévenait Berryer contre la rhétorique, contre la recherche du style dans les discussions politiques, lui vantant ce qu'il appelait la précision dogmatique de la pensée. Un jour qu'il le voyait la plume à la main iiésitant et embarrassé : « Qu'est-ce? lui demanda-t-il, que voulez-vous exprimer? » Et quand le jeune homme lui eut répondu : « Eh bien, écrivez simplement ce que vous venez de me dire '. »

Avec ses amis, Berryer resta dans l'opposition jusqu'en 1820, au renversement de Decazes. Lorsque par ses hautes qualités politiques et financières, « par le grand chemin, » a dit M. Guizot, Villèle arriva au pouvoir. Chateaubriand fut nommé ambassadeur à Londres. On parlait de Berryer pour la cour de cassation, mais il s'était promis de n'accepter aucune place et de garder sa liberté. Ses relations étroites avec les ministres lui donnèrent néanmoins une sérieuse influence. En 1822 il prit la plus grande part à l'affranchissement du barreau. Tenu sous le joug par l'Empire, l'ordre recouvra ses anciennes prérogatives d'élire lui-même son conseil et d'exercer la discipline dans son sein. A la fin de 1822, Chateaubriand devint ministre des affaires étrangères. M. de Villèle le faisait entrer au conseil parce qu'il le croyait, comme lui, opposée l'expédition d'Espagne. Au contraire, le nouveau ministre se déclara pour la guerre et Berryer l'appuya. — « Vous serez bien avancé, disait Villèle, quand nous aurons 30,000 Anglais sur les côtes du Portugal. — Les Anglais, répondait Berryer, n'enverront pas de sitôt 30,000 hommes en Portugal ; ils en ont déjà plus de 15,000 occupés en Irlande. Ils ont trop d'embarras pour nous combattre. »

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