‹ BerryerChapitre 55 sur 211 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

— lis — Révolution de nouveaux gages, des garanties, comme on disait. Ce n'était pas assez d'avoir détrôné Charles X, « d'avoir conduit ce prince et sa famille jusqu'au delà des rivages français; » on voulut l'atteindre jusque dans son exil, ajouter, s'il était possible, à ses infortunes par une loi de proscription définitive : « L'ex-roi Charles X, ses descendants et les alliés de ses descendants sont bannis à perpétuité du territoire français. »

Permettez-moi de vous le demander, Messieurs, s'écria Berryer, qui sanctionnera cette loi ? Qui ?.... Le cousin de Charles X ? L'oncle de la duchesse de Berry et du duc de Bordeaux ? C'est un sacrifice de sentiments qui ne peut être exigé que dans la farouche aspérité des mœurs républicaines!.... (Murrmires.) PAIqz, allez! je vous dis que les lois de bannissement et de proscription ont toujours été de mauvaises garanties ! Il y a quelque chose de puéril, permettez-moi ce mot, dans cette pensée de l'homme qui, ne mesurant jamais la brièveté de sa puissance, prétend enchaîner l'avenir aux lois qu'il décrète. A quoi ont servi et les lois de la Convention, et le serment de haine à la royauté, et la déclaration du Sénat, et le traité de Fontainebleau, et l'acte additionnel des Cent-Jours ? Qu'est-ce que tout cela a produit que de signaler les haines du temps sans donner les garanties qu'on voulait établir?.... Que le gouvernement dissipe les craintes à l'intérieur, étouffe les haines entre les citoyens ; qu'il soit vi-airaent et légalement le protecteur de tous, que chacun en France, quelle qu'ait été sa vie politique, quelles que soient ses opinions, puisse dire avec ferme confiance, avec fierté dans son obéissance aux lois, qu'il vit avec calme et honneur dans la commune patrie. Ce sont là les véritables garanties du gouvernement «.

Bientôt il ne resta plus de la Restauration qu'un souvenir, une fête religieuse. On avait continué de célébrer l'anniversaire du 21 janvier. M. Portails proposa de rompre cette dernière chaîne entre le présent et le passé, et de supprimer cette commémoration. Berryer prit la parole contre le projet.

Page 1