Disc, pari., 3 mai 1845, III, p
passés, cherchant à retrouver à Juilly le bonheur qu'il y goûtait avant ses crimes et repoussé obstinément par ses anciens confrères; puis M. de Fontanes, grand maître de l'Université de France, qui, parlant du collège à l'empereur, en faisait ce bel éloge : « Juilly est la maison modèle ; les maîtres de nos lycées ne réussiraient peut-être pas à Juilly, mais ceux de Juilly réussiraient partout. »
Berryer quitta Juilly en 1806 après sa rhétorique. Il garda toujours pour son vieux collège une affection profonde. Souvent il y revint présider les distributions de prix ou les réunions d'anciens élèves. Un jour, il montra aux enfants enthousiasmés les prix qu'il avait gagnés lui-même dans sa jeunesse et les offrit aux plus méritants :
Croyez-moi, leur disait-il, bien souvent, au milieu d'une carrière orageuse, dans ces jours malheureux où il est encore plus difficile de bien connaître son devoir que de l'accomplir, à travers ces graves peines de la vie qui troublent le cœur, qui peuvent l'irriter et peutêtre susciter en lui des résolutions mauvaises, souvent je me suis recueilli, souvent je me suis rappelé les enseignements de mes maîtres, et que de fois j'ai trouvé dans ces précieux souvenirs les plus salutaires conseils 1 1
Non seulement Berryer revint au collège. Il l'aimait tellement qu'en 1854, parvenu au faîte de la renommée, il songea à quitter son cher Augerville pour se fixer à Juilly. Il existe dans la partie supérieure du parc une maison isolée et presque en ruine, qu'on nomme la maison Berryer. Des fenêtres, le regard embrasse une campagne grave et reposée, dont les longues ondulations font un paysage à la fois sévère et gracieux. Bornée d'un côté par les pittoresques hauteurs de Montgé, la vue s'étend de l'autre vers les coteaux qui dominent Nantouillet, pour aller mourir à l'horizon sur Les collines