‹ BerryerChapitre 8 sur 211 · Discours prononcé à la dislribulion de Juilly · texte numérisé non relu

Discours prononcé à la dislribulion de Juilly

lointaines au pied desquelles coule la Marne. C'est là qu'après sa carrière si féconde, fatigué des agitations de la vie publique et fidèle aux religieuses impressions de sa jeunesse, ce grand homme voulait se préparer, dans la solitude, à paraître devant Dieu. On conserve précieusement dans les archives de Juilly plusieurs lettres de Berryer où cette affaire est négociée.

Le projet dont je vous ai confié le secret, dit l'une d'elles, n'est pas encore tout à fait arrêté dans ma pensée. Ma détermination dépendra beaucoup de la possibilité de prendre gîte dans cette dépendance de votre collège. La petite maison ainsi isolée me convient à merveille ; je la louerais pour le reste de ma vie. Il faudrait seulement que les murs et la toiture fussent mis en bon état.... J'aurais là un vieux serviteur près de moi, et prendrais mes dispositions de manière à demeurer étranger à l'établissement, encore bien que ce soit un de ses enfants qui désire s'y renfermer pour achever la carrière qu'il y a commencée. Augerville, 22 octobre 1854.

Mais Berryer se devait jusqu'à la fin aux grandes causes que Dieu lui avait confiées ; il ne vint pas s'établir à Juilly. Son souvenir n'y est pas moins demeuré vivant. Et ceux qui visitent cette antique maison peuvent admirer, dans la salle des fêtes, le buste du grand orateur sculpté par Ghapu. Il est placé en face de celui de Bossuet et entouré de ses glorieux camarades, Villars, Berwick et Montesquieu.

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