Discours sur l'alliance anglaise. II. IG
1841 et de 1846 à 1851, de nous montrer les dents et d'aboyer contre nous. Toute sa politique est inspirée par la haine de la France. Partout il cherche à combattre son influence, à la mortifier et à lui nuire.
C'est ce que Berryer comprend à merveille. Il est juste pour l'Angleterre, il l'estime, il parle de son génie avec admiration :
Il faut en parler non pas dans un sentiment étroit, mesquin et injurieux, mais dans un sentiment juste, dans un sentiment appréciateur de sa grandeur, de sa puissance, de sa )3onne et nationale politique ; il ne faut pas nous laisser abattre par les grands développements qu'elle reçoit, mais, au contraire, puiser, dans les exemples donnés de ces grands efforts, des encouragements pour tenir une conduite pareille, maintenir avec la même énergie la nationalité et comprendre les grands intérêts ainsi que leur expansion dans le monde, comme l'Angleterre sait les comprendre i. {Yive approbation.)
Mais il veut qu'on s'en défie, qu'on évite avec elle les condescendances et les faiblesses, qu'on ne fasse point son jeu. « Messieurs, une bonne défense de ses droits légitimes, de sa dignité, une bonne attitude dans toutes les situations, voilà les moyens pacifiques qu'un gouvernement doit employer. » Il ne l'aime point ; il semble que sa voix puissante réveille en quelque sorte un écho de Grécy, d'Azincourt et de Waterloo. Gomme Démosthène dénonçait aux Athéniens les projets de Philippe, pendant dix-huit ans Berryer dénonce l'ambition insatiable de l'Angleterre. Dans les questions de Belgique et d'Orient, dans la révolution espagnole aussi bien que dans les affaires coloniales, partout il la rencontre, partout il signale son égoïsme traditionnel et sa déloyauté.