‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 11 sur 230 · M. de Lacombe, Corr., 1886, bp:uryer · texte numérisé non relu

M. de Lacombe, Corr., 1886, bp:uryer

en liirmes. Souvent je voudrais être à sa place.... Il me semble encore aujourd'hui que c'éloit là ma vocation. » Tel ne fut pas l'avis de M. Émery. Lorsque, sur les instances du jeune homme, son père le conduisit au séminaire d'Issy, le sage et savant directeur de Saint-Sulpice déclara, après examen, que Bcrryer devait rester dans le monde. Il n'y avait qu'à s'incliner. N'est-il pas permis toutefois de concevoir un regret? « Qui pourrait mesurer, écrit un de ses biographes, le rôle qu'aurait joué peut-être ce nouveau Bossuet, luttant corps à corps avec l'égoïsme et l'indifférence qui rongent nos sociétés modernes ' ? »

Le sacerdoce écarté, Berryer n'hésita pas longtemps. Il se sentait né pour la parole. Son père lui offrait d'entrer au conseil d'État : « Non, lui répondit-il, je veux être indépendant. Je serai ce que vous êtes : je serai avocat! »

Ses études de droit commencèrent aussitôt. Berr3-er suivit les cours de l'École et prit les leçons de M. Bonnemant, ancien député aux États généraux et savant jurisconsulte. En même temps, pour se faire la main et s'aguerrir à-l'escrim»procédurière, il entra chez un avoué, M* Normand, ami de sa famille.

Mais dépouiller, classer, étudier tout le jour de volumineux dossiers, quelle aride besogne! La nature ardente de Berryer n'y trouva pas son compte. Le plaisir était là à côté du devoir et s'offrait à lui sous toutes les formes, spectacles variés, soirées mondaines, bals et réunions joyeuses. Berr^'er ne s'y livra pas à demi. Disons néanmoins que les enseignements de Juilly et les nobles traditions de sa famille furent, selon l'expression de son principal historien, comme des ancres puissantes qui le retinrent toujours loin de la corruption et

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