‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 12 sur 230 · Dp Loménio, Contemporains illuslics, Berryer, j · texte numérisé non relu

Dp Loménio, Contemporains illuslics, Berryer, j

le sauvèrent du naufrage des passions K L'Opéra, le Vaudeville, n'eurent pas de spectateur plus assidu. La musique le passionnait et une belle voix le mettait hors de lui. Comment le théâtre ne l'eût-il pas attiré? Talma était alors dans toute sa gloire. Berr3'er vit souvent chez son père le célèbre tragédien et recueillit peut-être ses conseils. Ce fut également dans le salon de y[. Berryer qu'il connut Delille, le chantre aujourd'hui trop oublié des Jardins et de la Piiié. Mais en 1812, il était, dit Sainte-Beuve, a le prince des poètes ~. » Delille s'intéressa au jeune étudiant; il le reçut dans son intérieur, lui fit connaître Michaud, l'historien des Croisades, Villemain, Casimir Delavigne et Chateaubriand, à qui son camarade de Juilly l'avait déjà présenté.

Cependant on ne peut servir deux maîtres ; cette vie dissipée nuisait aux études de Berryer et compromettait son avenir. La Providence l'en fit sortir. Un soir il était au Vaudeville. Devant lui se trouvaient deux vieillards, deux avocats à la mise austère, à la perruque poudrée. Berryer les reconnut pour les avoir vus quelquefois chez son père. Ils causaient entre eux et leurs paroles arrivaient jusqu'au jeune homme. « Le barreau s'en va, disaient-ils tristement. Il n'y a personne pour nous succéder. Berryer père commence à vieillir, et son fils ne le remplacera pas. C'est un étourdi qui dissipe sa vie et ne s'occupe que de vaudevilles et de chansons. » Ces paroles bouleversèrent Berryer. Il quitta aussitôt le théâtre et se mit au travail avec une telle ardeur qu'il faisait à lui seul la besogne de quatre ou cinq clercs, et que la procédure n'eut bientôt plus de secrets pour lui. Le 3 septembre 1811, il était licencié en droit et s'inscrivait au barreau de Paris.

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