s^ parlem . IV, p
- sas -
protestant, par notre retraite, contre la violence morale exercée envers vous aussi bien qu'envers nous, nous vous ofïrions, Messieurs, une occasion solennelle de protester vous-mêmes, de maintenir la libre existence politique de toutes les opinions, et de faire respecter la puissance électorale et par elle le pouvoir parlementaire i.
Malgré la pression ministérielle, Berryer fut réélu le 4 mars ainsi que tous ses collègues légitimistes. — Le paj^s leur avait donné raison.
Le pèlerinage de Belgrave-Square et les discussions qui s'ensuivirent ne modifièrent ni l'état du parti légitimiste en France ni la situation de Berryer au sein de ce parti. On vit subsister les mêmes divisions et revivre les anciennes querelles. Les deux principaux journaux du parti, la Quotidienne et la Gazette, s'invectivèrent comme de plus belle. Le premier était l'organe des royalistes militants. Là, de jeunes écrivains saisissaient chaque matin leur plume en guise d'épée et prêchaient la croisade. C'est assez dire que Berryer n'y possédait pas une grande influence. La Gazette exagérait en sens contraire. On y professait qu'avant de recourir aux armes, il fallait agir sur les idées et par les idées. C'était bien là l'opinion de Berryer, mais la Gazette allait plus loin. Non contente de s'établir sur le terrain de la liberté, elle fut la première à mettre en avant l'idée du suffrage universel, et elle le réclamait chaque jour d'accord avec la gauche.
Son directeur était M. de Genoude , de son vrai nom Genou, mais ayant ajouté la particule au commencement et à la fin de son nom. Successivement marié, veuf et prêtre, ce personnage étrange, d'une ambition démesurée, d'une activité fiévreuse, sincère d'ailleurs dans ses utopies et capable de tout sacrifier à ses idées, n'aspirait à rien moins