‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 146 sur 230 · Œuvres parlem., IV, p · texte numérisé non relu

Œuvres parlem., IV, p

quelques propos tenus au cours des débats, M. Goudchaux attribuait l'opposition qui lui était faite à des arrière-pensées politiques. Avant d'aborder le fond de la discussion, Berryer entreprend de détromper le ministre, et « à mesure qu'il parle, raconte M. de Kerdrel, les passions se calment, les malentendus se dissipent, le front du ministre, homme de bonne foi, s'éclaircit ' : »

Si dans cette Assemblée nous ne sommes pas convaincus, si nous ne portons pas, chacun de nous, dans l'esprit de ceux qui nous écoutent, la conviction que, de quelques points de l'horizon politique que nous soyons venus ici, nous y sommes venus dans une seule, dans une même et sainte pensée, s'il faut interroger nos origines et sur les origines seules juger toutes les opinions qui sont portées à cette tribune, il ne reste plus qu'à nous compter, les discussions sont inutiles.

Pour mon compte, tel n'a pas été mon sentiment lorsque j'ai accepté riionueur d"ètre représentant du peuple à l'Assemblée nationale, et j'ai cette grande satisfaction en mon ùme que depuis le jour de l'ouverture de l'Assemblée, il n'y a pas eu un instant où j'aie été dirigé dans mes travaux incessants, dans les fatigues continuelles de mon esprit, par un autre sentiment, par une autre pensée que le besoin de servir la patrie commune dans une situation évidemment périlleuse et difficile....

.... Pourquoi l'honorable M. Goudchaux a-t-il trouvé dans les membres du comité des finances, qui jamais n'avaient eu des rapports personnels avec lui, un si grand empressement, une si grande confiance, un si grand besoin de communication sur la situation de nos affaires et sur nos moyens d'y pourvoir? Pourquoi ? C'est que dans les sentiments qu'il a manifestés, il a constamment montré cette pensée commune de garder, de maintenir, de faire respecter pour la France la religion, la liberté, la famille, la propriété, l'honneur national, et on s'est dit : Il est de nos amis, il est des miens ; je suis de son parti, et alors je ne vais pas chercher dans un homme de cœur, qui expriu:a des sentiments qui ont animé toute ma vie, s'il est républicain d3 -a veille ou républicain du lendemain, s'il a été pour telle monarchie ou pour teUe autre.

Je sais qu'il a là ce que j'y ai aussi; je sais qu'avec ces sentiments il sauvera la France, et c'est pour cela que je lui ai tendu la main,

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