De Lacombe, M, Berryer et la sUualion présente, p
Les cœurs étaient gagnés. Des bravos enthousiastes accueillirent ces paroles. La fin du discours n'est pas moins remarquable :
Eh bien, avec ce sentiment qui domine dans tous les cœurs honnêtes, nous ne sommes plus qu'un, nous avons une cause commune, nous sommes tous à la république, nous sommes tous du même parti. L'honneur, la loyauté, la probité, à la tête de tous les actes de la France, et par l'honneur, par la loyauté, par la probité, le succès de la patrie, sa grandeur et sa prospérité i.
Tous les journaux rendirent hommage à l'orateur : « .AL Berryer, dit l'un d'eux, a été comme toujours noble, chaleureux, entraînant. Bon Dieu ! que cela fait de bien d'entendre une voix émue par un sentiment loyal et fraternel, et que les représentants du peuple gagneraient à mettre ainsi plus souvent dans leurs discussions le cœur de la patrie ! »
Parfois, à la question financière, se mêlait une question de politique, de droit ou d'honneur. En octobre 1848, J. Favre avait proposé de réunir au domaine les biens meubles et immeubles de Louis-Philippe. Berryer s'y opposa avec une généreuse énergie et fit rejeter le projet.
Déclarer ces biens acquis à l'État, disait-il, ce serait consacrer un-' atteinte violente au droit de propriété, ce serait prononcer une confiscation arbitraire. La confiscation est rayée de nos codes, elle no doit plus y paraître.
Le principe delà confiscation est contraire aux réjjles fondamentales de notre législation. Confisquer, ce n'est point infliger une peine personnelle, c'est frapper la descendance d'un châtiment immérité. Rétablie sous le faux prétexte de la raison d'État et de l'intérêt politique. la confiscation ne sera pour l'ordre et la paix publique qu'une vain' et funeste ressource. Toute iniquité se trahit elle-même. Le temp^ coml)at pour les droits violés, et l'expérience des révolutions doit nous enseigner qu'on ne saurait sauver ni le pouvoir ni la liberté par l'injustice.
Qu'il s'agisse d'un monarque ou d'un simple particulier, que la