‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 15 sur 230 · M. Michel, de Bourges, auquel répond l'orateur · texte numérisé non relu

M. Michel, de Bourges, auquel répond l'orateur

Eh bien, oui, j'ai senti le despotisme, et, pour moi, il a guté la gloire. (Sensation.)

Et puis j'ai vu l'infidûlité de la victoire, j'ai vu l'étranger amené par nos revers jusqu'ici (l'orateur baisse la voix et semble indiquer du doigt les lieux qui environnent l'assemblée). J'ai vu tout un grand gouvernement, une immense puissance qui reposait sur un seul homme, disparaître, disparaître en un jour, disparaître parce que son rpée était abattue, et qu'un jour, un seul jour, il n'était pas triomphant. Plus de gouvernement, plus de lois; tout s'anéantissait, tout partait avec un seul homme !

Oh ! alors j'ai compris que, malheur aux nations dont l'existence, dont le gouvernement, dont la constitution a pour base ou la mobilité des passions populaires qui conduit aux hontes du Directoire, ou l'autorité immense du génie d'un grand homme qui conduit à d'éclatantes victoires, à d'immenses succès, mais aussi à d'affreux revers, à un anéantissement complet, à un effacement de tout ce qui constitue la société! Faire reposer la destinée d'un peuple sur la tête d'un homme, c'est le plus grand de tous les crimes ! (Mouvement à gauche.) Ah ! j'ai compris alors la nécessité, d'un nrincipe. (Vive approbation. — Applaudisse7nents à droite.)

J'ai été royaliste alors, royaliste de principe, royaliste national, royaliste (passez-moi le mot, ne riez pas, car vous blesseriez par des rires le plus vrai, le plus profond, le plus sincère de mes sentiments), royaliste parce que je suis patriote, très bon patriote.... (Applaudissements et bravos prolonoès à droite.)

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