Plaidoyers, IV, p
mémoire de nos classifications fugitives. Elle mettra Berryer à son vrai rang dans ce grand parti de la parole libre qui se recrute à travers l'histoire parmi les âmes les plus fières de tous les pays et de tous les temps. Sa place est au milieu de cette élite humaine qui se range autour de deux noms : Démosthène et Mirabeau i. »
L'affaire Montmorency fut un des derniers grands procès de Berryer. L'orateur avait soixante-quinze ans. Lorsque M. le duc Raoul de Montmorency s'éteignit sans enfants, ses titres furent disputés par ses neveux, M. le prince de BauffreniûDt, fils de sa sœur ainée,et le comte de Talleyrand-Périgord, fils de sa sœur cadette. L'empereur donna gain de cause à ce dernier, qui prit aussitôt le nom, le titre et les armes de son oncle. Mais tous les membres de la famille de Montmorency protestèrent énergiquement et en appelèrent à la justii^ du pays. L'affaire fut jugée successivement par le tribunal civil de la Seine, le 13 janvier 1865, et par la cour impériale (le Paris, le 31 juillet 1865. Berryer, défenseur des droits de la maison de Montmorency, soutint eloquemment que « lo nom de famille, les titres, les armoiries, constituent une pi\>priélé privée, la plus respectable de toutes, inviolabi- . incessible, sacrée pour ceux à qui elle appartient, dont enlin nulle autorité n a la puissance de disposer contre le gré tl* ceux qui y ont droit. » Il fut sublime en racontant comment les Montmorency avaient acquis leurs armoiries.
.... Et que sont-elles, ces armoiries dont on se voudrait emparer, quelle est leui' glorieuse origine ?
Sous le roi Lothaire, l'empereur Olhon était venu avec uue grosse