‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 61 sur 230 · Œuvres parlementaires, I, p. loO · texte numérisé non relu

Œuvres parlementaires, I, p. loO

dés par lui. » Et l'orateur en fait l'énumération, dont le total s'élève à 1 milliard 180 millions.

Eli Lien, continue-t-il, quel député croirait pouvoir, sans trahir ses devoirs envers ses commettants, accorder une telle confiance au pouvoir le plus ferme et le plus juste, le plus loyal et le plus éclairé ?

Or, je vous le demande, Messieurs, les hommes à qui sont confiées aujourd'hui les destinées de la France ont-ils ce caractère à vos yeux?....

Gomment jusqu'à ce jour ont-ils gouverné les affaires du dedans et les affaires du dehors ? Qu'ont-ils fait jusqu'à ce jour pour le pouvoir? Qu'ont-ils fait pour la liberté ?

Le pouvoir ! ils l'ont abaissé sans cesse devant les volontés impérieuses d'une multitude agitée !.... D'horribles scandales ont désolé Paris : la profanation a souillé nos églises, le sacrilège s'est promené dans nos rues au milieu des joies populaires ; les établissements publics, les maisons religieuses, ont été livrés à la dévastation et au pillage. Qu'a fait le ministère ? Obéissant à la voix de ces factieux impies, non seulement il n'a pas préservé nos provinces de ces fureurs du vandalisme, mais son autorité est intervenue pour régulariser et seconder la destruction des signes extérieurs de notre culte. A Besançon, la force militaire a été déployée pour protéger, contre la vénération et les plaintes du peuple, le renversement de la croix à laquelle il attachait et ses consolations et ses espérances !

.... Il a suffi que les émeutes qui parcouraient nos rues criassent : A bas les fleurs de lis ! pour que les ministres fissent arracher de nos monuments publics ces insignes de la royauté ; le prince, dans son propre palais, a vu abattre les écussons de sa famille; ils l'ont déshérité des armes glorieuses de Henri le Grand, son aïeul....

Voilà ce qu'il a fait pour le pouvoir. Qu'a-t-il fait pour la liberté ? Je ne prétends point me constituer l'organe des plaintes particulières les plus légitimes ; je ne parlerai pas de l'abus scandaleux des lois, de ces visites domiciliaires, de ces mandats d'amener prodigués sans motif, sans mesure. Mais comment se taire sur ce qui est contraire à toutes les lois, contraire à tout ordre de justice et de raison ? Ne vous étonnez pas. Messieurs, si mes paroles prennent ici l'accent du reproche. Je ne comprends pas comment, dans cette enceinte où siègent tant de défenseurs déclarés de la liberté, pas une voix ne s'est élevée, lorsqu'un jeune ministre a osé nous dire qu'il avait adressé dans les départements douze dépêches télégraphiques, pour enjoindre à ses préfets de rechercher les personnes suspectes d'attachecient au

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gouvernement qui n'est plus, du fouiller leurs maisons, de s'assurer do leurs personnes et do leurs i)apiers

Et c'est à ces hommes que nous consentirions à confier et le soin des nécessités présentes et la garde des ressources de l'avenir !

Ils nous domandcnt, aujourd'hui, de leur accorder un crédit extraordinaire pour les besoins de la sûreté extérieure de l'État ! Je devrais donc examiner leur conduite avec les cabinets étrangers.... Je ne veux pas en ce moment examiner ce que le ministère aurait dû faire ou pour la paix ou pour la guerre ; je ne viens pas me jeter dans la querelle des peuples et des rois ; je ne prétends pas, suivant l'expression de l'orateur qui m'a précédé à cette tribune, faire des Français des chevaliers errants, vengeurs des droits de toutes les nations. On redirait encore que j'appartiens à un parti qui se cache derrière les baïonnettes étrangères. (Inlerrujilion : Oui! Oui! C'est vrai!)

M. Berryer. — Quoi ! cela est vrai ! Eh ! qui vous donne le droit de le dire ? Si nous sommes partagés d'opinion, si nous jugeons diversement les besoins du pays, les remèdes à ses maux, les espérances de son avenir, ne sommes-nous pas nés sur cette même terre ? Ne parlons-nous pas la même langue que vous? N'est-ce pas le même sang qui coule dans nos veines ? Ah ! ne nous croyez pas moins sensibles que vous à tout ce qui intéresse la dignité et l'honneur de la France !

Je ne parlerai que des résultats de la conduite de nos ministres dans les affaires extérieures.

Sept mois se sont consumés dans des négociations diplomatiques. Qu'en est-il résulté ? Le ministère nous a-t-il assuré la paix ? La guerre n'est-elle plus menaçante ? N'est-elle plus inévitable ? Les ministres sont-ils restés fidèles à leur maxime de 7ion-intervention ? Ont-ils secondé ou protégé contre d'effroyables malheurs les peuples qui ont proclamé à leur tour les nouveaux principes politiques de la France? Demandez à la Belgique, demandez à l'Italie : écoutez cette désolante accusation qui s'élève du sein des ruines de Varsovie : Tous nous avez provoqués à l'insurrection, et vous nous laissée périr ! Funestes aux étrangers, funestes à nos concitoyens, impuissants pour la paix, impuissants pour la guerre, ces hommes ont aussi mal gouverné nos affaires au dehors qu'au dedans ; ils ont également compromis et la fortune, et le repos, et l'honneur de la France i.

Dans CCS rudes et impétueuses attaques, Berryer se ren

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