‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 84 sur 230 · Berryer, Œuvres parlem., II, p. 265, passîm · texte numérisé non relu

Berryer, Œuvres parlem., II, p. 265, passîm

Cette fois, Berryer, la liberté, la justice, l'emportèrent, et la loi fut rejetée par les amis mêmes du ministre qui la proposait.

Deux autres libertés dont Berryer se montra lintrépide champion furent les libertés de la presse et de discussion. Il défendit la première dans les nombreux procès qu'il soutint, à cette époque, en faveur de la Gazette de France et de la Quotidienne. Quant au droit de discussion, il le réclamait sans cesse à la tribune, entier, illimité, au nom du principe même du gouvernement.

Mais avec ce principe, interrompit un jour M. Guizot, il n'y a pas de gouvernement possible ?

M. Berryer. — Eh! qui vous dit le contraire? {Rire général et interruption prolongée.).... Oui, sans doute, avec de telles formes, il n'y a pas de gouvernement possible. Plus que vous je suis convaincu de la réalité de vos embarras.... Je les ai prévus et c'est pourquoi j'ai protesté contre ce que vous faisiez et contre le principe que vous adoptiez. Mais il est adopté, ce principe, adopté malgré moi, adopté pour être la loi du pays. Je vis sous la loi que vous m'avez faite, et il serait étrange que vous vinssiez me disputer les conséquences les plus naturelles, les plus immédiates des lois que vous m'avez imposées ».

Et un autre jour, défendant devant la cour d'assises d'Angers M. Hauréau, poursuivi pour avoir publié dans son journal, le Cotiriier^ de laSartlie, un discours de M. Ledru-Rollin :

Si vous étouffez les consciences, concluait-il, si les intentions, les vœux, les pensées, les systèmes ne se développent pas librement ans les assemblées populaires, si la presse n'a pas le droit de les faire connaître et de tout soumettre au jugement du pays, croyez bien que vous ne ferez pas taire les consciences, que vous ne tuerez pas les intelligences, que des arrêts ne détruisent pas les convictions de toute une vie. Vous nous . condamnerez à chercher d'autres ressources. Protégez la liberté qui protégera la paix, et dans la liberté, dans la paix nous trouverons ce qu'il faut pour la France, la libre, pleine et courageuse lutte de toutes les intelligences».

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