LE DÉPART POUR LA FRANCE
Déjà, pour son passage, on fait ranger la foule; Au galop des chevaux, Berthe va s'éloigner. Cependant, les yeux lourds de pleurs qu'elle refoule, La reine Blanchefleur ne peut se résigner.
Elle est là, sans espoir dont son deuil se soulage, Près de Berthe, impuissante à lui quitter la main. c( Je t'accompagnerai jusqu'au prochain village. Dit-elle, je serai plus vaillante... demain. »
Le Dernier Adieu
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Et toujours Blanchefleur a suivi son enfant. De soir en soir, de ville en ville, elle diffère L'inévitable adieu qu'il faudra bientôt faire. Le cœur lui sanglote et lui fend.
Voici que les chemins vont quitter la Hongrie. Maintenant, c'est la Saxe, avec ses rochers nus, L'effroi de traverser des pays inconnus, Sans qu'un visage vous sourie.
La reine Blanchefleur se sent plus triste encor, Songeant qu'il va falloir chevaucher en arrière. Le cortège a fait halte au bord d'une clairière Dans un silencieux décor.
Et toutes deux, la mère et la fille, s'étreignent; Elles voudraient sourire et leurs yeux sont en pleurs; Des nids d'oiseaux heureux chantent parmi les fleurs; Tout bas, sans savoir, elles craignent.
« Donnez-moi votre anneau, ma fille, en souvenir Des jours où votre main m'était proche et câline. Et pour garder de vous, pauvre mère orpheline. Un don que je puisse bénir.
« Et maintenant, puisqu'il le faut, Dieu vous conserve! Alix vous accompagne où l'amour vous conduit. Aimez-la. Qu'elle soit pour vous, dès aujourd'hui. Votre sœur et non votre serve.