‹ Berthe aux grands pieds, imagériesChapitre 8 sur 17 · LE REPAS DE NOCES · texte numérisé non relu

LE REPAS DE NOCES

Elle trouve que c'est bien loin, et puis qu'en somme Tout cet amas de gens dont la gaîté l'assomme

N'est pas d'un grand régal. Et voici qu'à présent c'est le tour de l'orchestre. Pauvres chers épousés! leur grandeur les séquestre

Loin du lit conjugal.

Mais tandis qu'aux doux sons des harpes et des flûtes Les ménestrels chantaient les amoureuses luttes

Des chevaliers d'antan.

Pépin cligne de l'œil vers Berthe très émue, Et la vierge comprend que cet œil qui remue

Ça veut dire : « Viens-t'en ! »

Les Conseils de Margiste

LES COV^SEILS VE éM&l\GISrE

Berthe s'est retirée en ses appartements. Elle est là, toute seule, assez mal rassurée, Toute pleine de trouble et de frissonnements. Tournant au moindre bruit dont elle est effleurée Son profil gracieux vers la porte d'entrée En des gestes d'effroi pudiques et charmants.

On entre. C'est Margiste. Elle approche, discrète, A pas mystérieux qu'on n'entend point venir. Elle dit : « Trois abbés sont en train de bénir Le lit tendre et moelleux que l'amour vous apprête. Quittez-moi ce beau voile et cette gorgerette... Madame votre mère a dû vous prévenir.

(c Je songe en vous voyant comme je fus heureuse, Tel soir, aux bras subtils de feu mon cher époux. Il était fort, il était tendre, il était doux. Quand j'y songe, un grand vide en mon âme se creuse. Mais sachez... En trois mots, prenez bien garde à vous : Le roi Pépin le Bref a la main douloureuse.

(c Le soin que j'ai de vous m'a su faire informer, Discrètement, de la façon qu'il a d'aimer. Je tiens tous ces détails de son premier concierge; Vous voyez, j'en suis pâle encore comme un cierge... C'est un homme effrayant, surtout pour une vierge. Un mari dangereux qu'il faudrait réformer. »

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