‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 10 sur 125 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE MARQUIS

Les occasions manquent quelquefois. C'est ce qui m'est arrivé. Et c'est bien fâcheux.

MAITRE AUBERT

Vous avez, à votre façon, rempli votre destinée. Pendant trente ans, et avec des ressources matérielles que l'on peut considérer comme médiocres pour un tel rôle (vous voyez que je suis de bonne foi), vous avez été le roi de la mode, l'arbitre de ce qui nous reste d'élégances... Vous l'êtes toujours

LE MARQUIS, avec un gesle las.

Oh!...

MAITRE AUBERT

Mais je vous le dis encore une fois et plus sérieusement que je ne vous l'ai jamais dit : il est temps d'aviser. Vous devez bientôt deux ans d'intérêts à vos créanciers hypothécaires... Je ne puis plus vous obtenir de délais et, selon toutes apparences, votre hôtel et vos terres vont très prochainement être mis en vente... Je vous supplie, monsieur le marquis, d'y réfléchir...

V A N E U S E , dans la coulisse.

Voyons, Joseph, vous savez bien que la consigne n'est pas pour moi. (Entrant.) Ali! je te dérange?

LE MARQUIS

Plutôt.

.le n'ai qu'un mot à te dire, (saluant maître Aubert.)

Monsieur...

MAITRE AUBERT, saluant.

.Moiisicui'. (au marquis.) Ah! et puis je \()u> mt.hs exli'èinement obligé de m'avertir de tous vos déplacements, car je puis avoir à conférer avec vous à l'improviste.

LE MARQUIS

(Vest convenu... Merci, mon cher notaire.

Tout à votre dis|X)sition, monsieur le marquis.

Il sort.

Page 1