ACTE PREMIER
de petits services. Je lui donne des conseils pour ses écuries... son ameublement... même sa toilette... Il me prête son yacht, ses chevaux, ses autos... Très gentil, je vous dis, Chaillard. Un peu snob... Mais, n'est-ce pas? cela m'est plutôt agréable. Avec lui, au moins, je suis sûr d'avoir quelqu'un qui m'admire... Enfin, il m'est commode.
MAITRE AUBERT
Savez- VOUS, monsieur le marquis, que Chaillard est riche à trente ou quarante millions, et qu'il en gagne deux ou trois, bon an mal an?
LE MARQUIS
Tant mieux pour lui. Mais qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse?
MAITRE AUBERT
Ohl rien... Mais il se pourrait qu'un des articles principaux de votre actif, ce fût l'amitié de Chaillard.
LE MARQUIS
Comment Tentendez-vous?
l'i BERTRADE.
MAITRE AUBEir
Ce n'est qu'une impression, monsieur le marquis. Enfin, je vous ai dit ce que j'avais à vous dire... Je vous le répète, il n'est que temps d'aviser... J'ai mie des plus vieilles études de Paris. Depuis deux siècles et demi, mes aïeux ont été, de i)ère en fils, les notaires de votre famille. Tel d'entre eux fut habillé comme un notaire de Molière; tel autre comme un tabellion de Marivaux... J'ai dans mes archives toute lliistoire financière des Mauferrand. Au dix-septième siècle, ils vivent surtout des libéralités du roi. La terre de Villeronce est un don de Louis XIV. Bans le courant du dix-huitième siècle, trois Mauferrand épousent des filles de financiers, de partisans, comme on disait. Même, en 1770 — fait plus significatif — une Mauferrand épjuse un fermier général. Vos ancêtres ont toujours su se tirer d'affaire.
m: MAi;uiJi>.
.!«' uiL'ii llatte, mon bon ami. Mai^^-ijiMiK-zipi ils donnaient leur sang.
MAITRE AUBËRT.
Pas tous, monsieur le marquis.