ACT.E TROISIÈME
LA BARONNE
Un peu... Il m'a tout raconté. Il est fort triste. Je lui ai dit que c'était bien fait, car, tout de même, ce n'était pas très joli, ce que vous aviez comploté là... Je suis contente que ça ait raté... parce que j'ai de la sympathie pour vous... Et maintenant, qu'allez-vous devenir ?
LE MARQUIS, digne.
Il me semble que c'est mon affaire.
LA BARONNE
Ah! mon ami, ne prenez donc pas d'attitudes avec moi. Mon pauvre Gonzague, je ne vous vois pas bien sans luxe. . . avec des habits élimés. . . évité de vos anciens amis... devenu le vieux tapeur, — je ne vous fâche pas ? — ou réduit à accepter l'hospitalité grincheuse de la comtesse... Non, non, je ne vous vois pas bien.
LE MARQUIS
Moi non plus.
LA BARONNE
Alors...
Elle voit les morceaux de la potiche et se^met à les ramasser.
LE MARQUIS
Ne VOUS donnez pas la peine.
LA BARONNE
J'aime l'ordre... Alors... vous n'avez plus qu'une chose à faire.
LE MARQUIS
Quoi?
LA BARONNE
C'est bien simple : épousez-moi.
LE MARQUIS
Vous dites ?
LA BARONNE
Un mariage seul peut vous sauver, n'est-il pas vrai? Mais si « chic » (pie vous soyez, vous n'êtes plus tout à fait assez jeune pour avoir le choix... J'ai donc bien peur que vous ne trouviez pas mieux que moi, mon cher.