‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 105 sur 125 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LE MARQUIS

Oui ? Eh bien donc, madame, jouissez en paix du prix de vos sueurs.

LA BARONNE

Le geste, encore le geste! Mais vous avez tort de me dire ça, mon ami, parce qu'après tout vous ne savez pas si vous ne finirez pas par en venir où je veux. Ne décriez donc pas, par anticipation, la posture où vous serez peut-être réduit... Je sais bien que vous me dites ça pour vous venger d'avance. A votre aise... Je pourrais si bien vous répondre I... Vos maisons et vos terres sont tellement négligées depuis des années, et la valeur, du reste, en avait été tellement majorée que, dans cette petite opération, je suis bel et bien refaite d'environ quatre cent mille francs. Je ne vous les réclame pas, ce serait bien inutile... Mais, enfin, vous vous trouvez être mon débiteur, et mon débiteur insolvable... Alors, n'est-ce pas, faudrait au moins être poli...

LE MARQUIS

Eh, parbleu!... je... je...

LA BARONNE

Vous cherchez le geste... et il ne vient plus... Ah ! mon ami, n'aie donc pas de vanité avec moi. . . Nous nous sommes dit les choses désagréables que comportait la situation... Tant mieux, c'est autant de fait; ça déblaye. Je t'aime bien, tu le sais... Et je ne te méprise pas, moi... Je n'ai pas besoin de te dire que je ne t'expulserai ni de ton hôtel, ni de tes châteaux, du moins tout de suite. Je te laisserai le temps de réfléchir.

LE MARQUIS

C'est tout réfléchi, madame.

LA BARONNE, à pari.

Farceur! (au marquis.) Non, non, prends Ion temps. Certaines de mes petites phrases, qui t'ont froissé, te reviendront en mémoire et te paraîtront pleines de sagesse.

LB MARQUIS

Adieu, madame.

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