ACTE TROISIEME
LA BARONNE
Voilà un beau geste, mon ami. Vous avez toujours soigné le geste, et parfois dans des circonstances où ça n'était pas commode... Enfin, ne parlons plus de cette affaire... C'est dommage. J'avais pourtant tout préparé et je m'étais donné assez de mal... C'est grâce à moi qu'on vous laisse à peu près tranquille en ce moment.
LE MARQUIS
Quoi? Qu'avez-vous fait?
LA BARONNE
J'ai été plus maligne que Chaillard.
LE MARQUIS
Fichtre! Si les gendarmes vous entendaient...
LA BARONNE
De l'esprit? Ce n'est guère le moment. Enfin, Chaillard avait seulement promis de payer vos dettes... Moi, je les ai payées.
LE MARQUIS
Hein?
Vous le voyez, on se dispute l'honneur de votre sauvetage... Oui, j'ai racheté toutes les créances, excepté, naturellement, celles de monsieur Chaillard et de votre sœur, mais on arrangera cela plus tard. J'ai racheté les hypothèques qui grevaient tous vos biens immobiliers et dont vous aviez négligé depuis quelque temps de payer les intérêts... L'opération a été trôs bien conduite. Elle a été longue. Elle était déjà en train quand j'ai été vous voir à Paris.
LE MARQUIS
Quoil vous saviez à ce momentrlcà?...
LA BARONNE
Pardi! Pourquoi serais-je allée vous voir? Tout s'est fait dans le plus grand secret... et votre notaire n'en sera informé que demain... Et, dès demain, je serai publiquement propriétaire de votre hôtel de Paris, de votre château de Villeronce, de votre forêt de Marchebault, etc., etc.