ACTE QUATRIÈME
MAITRE AUBERT
Jamais.
LE MARQUIS
Voilà une chasse I
MAITRE AUBERT
Ça se mange?...
Non, mais ce sont de bien jolies bêtes... Et puis le cadre... Un château moyen âge, un château forteresse... énorme, abrupt, sinistre... mais avec l'électricité partout... chambres en laque... hydrothérapie perfectionnée... Contraste amusant, n'estce pas?... Des forêts immenses... des étangs comme des lacs. Et puis, là- bas, vous savez, les paysans sont encore, en réalité, des vassaux... Et des costumes I... Le soir, après des chasses qui ressemblaient à des tableaux de Van den Meulen, on faisait venir des danseuses et des chanteuses de l'Opéra de Vienne... Puis le bal... des femmes, des fleurs, des bijoux, un étincellement. . . Imaginez, notaire, la belle vie de l'ancien régime avec
les commodités et l'élégance d'aujourd'hui... Des équipages parfaits... Ah! il faisait bon vivre... PositivemenI, j'ai eu là une semaine supérieure.
M A 1 T J{ i: A U B E II T .
Et ensuite?
LE MARQUIS
Ensuite... (changeant de ion.) Ah oui ! cusuite, ç'a été moins brillant... Je m'ennuyais... J'ai fini par échouer chez des amis, en Sologne... Je puis bien vous le dire, à vous... Le monde est dégoûtant, maître Aubert... Oh! ce n'était encore que des nuances... mais je sentais déjà autour de moi un rien de circonspection... une disposition au silence... Comprenez-vous?... J'ai eu là un avantgoût de ce que serait l'avenir, si... Vous jxmisoz bien, mon ami, que ce que je vous dis là, je ne le dirais à personne au monde.
MAITRE AUBERT, proteslanl.
Monsieur le marquis... Mais ceci nous amène naturellement à notre sujet... Pensez-vous que mademoiselle Bertrade puisse revenir sur son refus?...