ACTE PREMIER
Mon Dieul ma chère amie... je ne sais pas bien pourquoi... mais je vous avoue que ce mariage ne me dit pas grand'chose.
MADAME DE LAURIÈRE
Vous avez mieux?
LE MARQUIS
Je rêve mieux.
MADAME DE LAURIÈRE
Bertrade, elle, ne rêve pas mieux, et il me semble que vous devez en tenir compte... Écoute, mon ami. Je crois avoir été pour toi une bonne sœur. Au reste, je t'aime encore, en souvenir du temps où je t'aimais et t'admirais si passionnément. Tu étais beau, élégant, brillant... Moi, je n'avais pas de race pour un sou ; j'avais l'air d'une pauvre petite bourgeoise. Nos parents ne s'occupaient que de toi et je trouvais cela tout naturel... Enfant, jeune fille et femme, je me suis toujours sacrifiée à toi, et de grand cœur... Je n'ai pas eu
de chance... j'ai perdu deux petits enfants... puis mon mari... Maintenant, je ne suis qu'une bonne dame revenue de tout et qui n'aspire qu'au repos.. . Heureusement, tu m'as donné Bertrade. Je me suis attachée à cette enfant. Elle aussi s'est sacrifiée à toi. Tu lui rendras cette justice qu'elle t'a singulièrement facilité, il y a trois ans, tes comptes de tutelle... Pour tout cela, mon ami, nous ne te demandons rien, que de consentir à son mariage avec Hubert. Tu le lui dois bien. Ce sera la première fois que tu auras ftiit quelque chose pour ta nile.
LK MARQUIS, atlondri.
C'est vrai . . . Pauvre enfant !
MADAMK DK LALIIIÈHK.
Alors, lu viendras à la Ravinière?
Li: MARQIIS.
Eh bien, oui...
■ Uiiand /