ACTE PREMIER
LE MARQUIS
Je ne sais pas... Dans quelques semaines...
MADAME DE LA LUI ÈRE
Oh! je comprends... Ça ne t'amuse guère... Je n'ai pas grandes distractions à l'offrir. Je pourrai cependant inviter nos cousins Ligny. Le mari est un nid à potins. La petite femme est, comme on dit, dans le mouvement... Ah ! et puis, je ne t'ai pas dit que nous avions depuis six mois une nouvelle voisine?
LE MARQUIS
Allons, tant mieux.
MADAME DE LAURlltlRE.
Une baronne Elven de Rommelsbach, qui a acheté la terre et le château des Gâchetières... Veuve d'un baron autrichien, à ce qu'il parait. C'est tout ce que je sais d'elle. Mure, mais bien conservée. Très gracieuse avec tout le monde. Très bien pensante d'ailleurs. Elle nous a aidés à garder nos sœurs sécularisées et s'est mis en tête de leur bâtir une école neuve. Nous n'avons avec elle que des relations de bon voisinage et que je
ne liens pas beaucoup à resserrer. Mais toi, tu pourras la voir si cela te fait plaisir. Elle est aimable et semble avoir vu du pays.
LE MARQUIS
Comment l'entends-tu?
MADAME DE LAUIUÈRE.
Ohl je n'ai pas d'esprit. J'entends seulement qu'elle semble avoir voyagé et que sa conversation n'est pas ennuyeuse.
LE MARQUIS
Eh bienl... je te le répète... je ferai mon possible. . .(Le valet de chambre apporte une carte.) C'cstmODSieur
Ghaillard, dont je te parlais tout à l'heure.
MADAME DE LAURIÈRE
Si je l'invite, viendras-tu?
LE MARQUIS
Oh ! je te jure que je viendrais sans cela.