‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 5 sur 125 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE MARQUIS

Je n'ai jamais pu m'intéresser aux affaires

d'argent.

MAITRE AUBERT

Vos créanciers s'y intéressent, voilà le mallieur.

LE MARQUIS

Voulez-vous que je vous dise? L'argent n'existe pour moi que comme un moyen d'orner la vie, comme un signe de beauté et de plaisir... Alors, il m'a toujours semblé que ceux qui m'en prêtaient, de l'argent, c'est qu'ils ne savaient qu'en faire eux-mêmes, faute d'imagination, et qu'ils m'en prèter9.ient indéfiniment, moyennant de vagues papiers que je signerais... Cette vue vous parait fausse ?

MAITU E AUBERT.

Incomplète, du moins. Ces papiers n'ont rien de vague... Et peut-être s'apprête-t-on à vous le faire savoir.

LE MARQUIS

Vous croyez ?

MAllKE AUBEHT.

On peut vivre de crédit pendaul viii^l ans, pendant trente ans... Et puis, un beau jour, on n'en vit plus.

Li: .MAliyl IS.

Tout It' monde devient méfiant î

MAITRE ALBERT

Enfin, monsieur le marquis, désirez-vous savoir où en sont vos affaires ?

LE xMARQUIS.

C'est bien pour vous être agréable.

MAITRE AUBERT

Eh bien, donc, voici, tout en gros votre passif. L'hôtel où nous sonnnes est hypothéqué pour un million deux cent mille francs ; votre château de Villeronce pour sept cent mille ; votre terre et vos lK)i.s do Marchebaiill \Mnir six cent mille. Ces hyjK)th«'ques déplissent de quatre cent mille francs la valeur actuelle et réelle de tous vos biens immobiliers. En outre, vous redevez présentement

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