‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 6 sur 125 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

trois cent mille francs sur les terrains que vous aviez achetés il y a trois ans pour les revendre à deux cent mille francs de perte... opération qui faillit vous mettre dans un mauvais cas...

LE MARQUIS

Vous savez comment cela s'est passé, mon cher notaire. J'étais de bonne foi. J'attendais un héritage sur lequel j'avais absolument droit de compter...

MAITRE AURERT.

Certainement, monsieur le marquis, et je ne rappelle ce détail que pour mémoire. Vous devez à la comtesse de Laurière, votre sœur, cinq cent mille francs ; à mademoiselle votre fille huit cent mille, qu'elle tenait de sa mère, et que vous lui avez empruntés sans la prévenir.

LE MARQUIS

Il faut avouer que vous dites très joliment les choses.

MAITRE AURERT.

Plus neuf cent mille francs à monsieur Chaillard ; plus trois cent mille aux divers fournisseurs

8 BEUTKADE.

qui sortent d'ici. Bref, votre fortune, qui fut de six millions environ, y compris les valeurs industrielles et mobilières, est aujourd'hui égale à zéro, moins trois millions... Monsieur le marquis, je crains d'être indiscret, mais je voudrais vous faire une question.

U: MA IKjL is .

Allez.

MAITHi: AUBEHT,

Eh bien, je voudrais vous demander — quoique je m'en doute un peu — comment vous avez fait.

LK MAUQL'IS.

Mais je ne sais pas, mon bon ami ; parole d'honneur, je ne sais pas. Les sommes que vous ('immériez tout à l'heure paraissent considérables: eh bien, elles ne me représentent plus rien du tout. Notez que, personnellement, je n'ai presque pas joui de cet argent-là. Je veux dire que je ne m'en suis ai)pliqué à moi-même qu'une très i)etite partie... Je mang(» ikïu; je bois modérément; je m'habille... comme tout le monde... Seulement, j'aime à faire plaisir. J'aime aussi à vivre dans

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