‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 69 sur 125 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

l'embarras. Des affaires embrouillées... des spéculations^ malheureuses... tu ne peux pas comprendre... Tu as été très bien. Tu as eu le souci de notre nom. Tu as déclaré et signé ce qu'on a voulu, accepté tous les arrangements. Alors, n'est-ce pas, tu te dis que, puisque je suis ton obligé...

Mon père 1

BERTRADE, suppliante.

Oui, ton obligé, c'est le mot... Donc, tu te dis que, en retour, c'est bien le moins que je te laisse te marier à ton gré et que, vraiment, j'aurais mauvaise grâce à te contrarier là-dessus... Mais, ma pauvre enfant, c'est justement parce que je t'ai des obligations, c'est pour cela, comprendsmoi bien... que je ne dois pas... non, non, je ne dois pas consentir cà un mariage aussi... médiocre, aussi peu digne de toi... Je t'ai fait tort: je veux réparer; je veux te rendre, et au delà, ce que tu as perdu par ma faute... Et puis, vois-tu, il y a autre chose... Je ne veux pas, moi, qu'on t'épouse sans dot; je ne veux pas qu'on recueille

mademoiselle de Mauferrand par pitiu... A

non, tu parleras tout à l'heure. Je ne veux pas qu'Hubert ait sur toi cet avantage, ni qu'il se donne l'air de se sacrifier pour nous, de se substituer à ton père dans les réparations que je te dois... Qui sait si, quelque jour, il ne nous le ferait pas sentir? Cela, je te l'avoue, me serait insupportable... Comprends-tu, maintenant, que ma conscience et le sentiment de ma dignité m'interdisent de consentir à ce mariage?

Mon père, en faisant ce que j'ai fait, il y a trois ans, je n'ai jamais entendu que cela me rendit indépendante de vous et me dispensât le moins du monde de mes devoirs de respect et d'ol)éi8sance. Mais je ne croyais pas non plus que cela diit avoir pour effet de vous rendre plus rigou reux à mon égard. J'ai vingt-quatre ans, v m'avez toujours reconnu du sérieux et du l>oo sens... Ce mariage n'est, à coup sur, ni absurde, déshonorant. Vous prêtez à Hubert des sentiments qu'il n'aura jamais, et vous le savez bien... Mon I)ère, si j'ai toujours été pour vous une fille irn'»prochable, je vous supplie de me donner votre consentement.

t)ort9 , niï

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