ACTE DEUXIÈME
LE MARQUIS
Oh! je sais... tu es douce, mais tu as la tète dure. Tu es majeure, tu peux te marier malgré moi, c'est évident. . . m'envoyer. . . comment disentils?... des actes respectueux... comme une fille révoltée... Eh bien, c'est moi qui te prie d'attendre tout au moins, tu entends? d'attendre seulement un peu... Tu ne peux pas refuser cela à ton père... Tu ne sais pas ce qui peut arriver, et prochainement peut-être... C'est moi, moi, qui me charge de te trouver un mari.
Mon père, cela est bien triste, car j'aime Hubert de Tarane.
LE MARQUIS
Tu me désoles, mon petit enfant... Je suis obligé de te faire de la peine et cela me perce le cœur... J'ai l'air d'un monstre, d'un père inhumain... et c'est pourtant tout le contraire. Je ne songe qu'à toi, à ton intérêt véritable... qui est aussi celui de notre maison. Je vais beaucoup m'occuper de toi, je te le promets...
Mon père, vous me faites peur.
LE MARQUIS
Encore une fois, je ne le demande que d'attendre un peu... Surtout, ne m'envoie pas Hubert, ça gâterait tout... Tu pleures?
Non, mon père...
LE MARQUIS
A la bonne heure... Ce petit ennui passera... Tu n'es pas si malheureuse, ici... Tout le monde t'aime... Tu vis vraiment en dame... Tu es bien ma fille... Si seulement je pouvais te faire quelque petit plaisir!... Et tiens, justement, je me trouve aujourd'hui en fonds... Tu aimes le cheval, ta tante me l'avait dit et je l'ai bien vu... Mais tu n'as qu'une bique, ma pauvre petite. Écoute, prends, prends ça!... pour achet*.'r un joli poney... ou des robes... ou ce que tu voudras.
Il tire plusieurs billets de banque de sa poche.