‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 7 sur 125 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

un joli décor, à avoir autour de moi des clioses agréables... qui coulent très cher... En réalité, tout ça a été dans la poche des autres; tout ça s'est écoulé aux mains de femmes, de marchands, d'artistes, d'ouvriers, d'intermédiaires, de je ne sais qui... (Réfléchissant.) Autrefois, cela n'aurait eu aucune importance. Le roi aurait payé mes dettes.

MAITRE ALBERT

Avec l'argent du bon peuple.

LE MARQUIS

L'argent du bon peuple... Ce sont aujourd'hui les banquiers, les juifs, les gros industriels — tenez, comme mon bon ami Chaillard — qui le lui soutirent et qui Tentassent indéfiniment... Est-ce que ça vous paraît plus élégant? Ah! nous vivons à une époque dégoûtante... Je me suis trompé de siècle, maître Aubert.

MAITRE AUBEIIT.

Malheureusement, monsieur le marquis, c'est une erreur qui a des conséquences... Enfin, je vous ai établi sommairement le compte de votre passif. Et votre actif, maintenant?

LE MARQUIS

C'est moi qui vous le demande.

MAITRE AUBERT

Eh bien, monsieur le marquis, votre actif, d'un seul mol, c'est votre nom. C'est grâce à lui que vous ayez pu vous soutenir jusqu'à présent, dirai plus: l'énormité même de votre passif peut être, en quelque façon, mis à votre actif. Qu'après avoir dépensé six millions vous ayez pu ftiire trois millions de dettes, cela suppose un prestige par lequel vous pouvez tout regagner.

LE MARQUIS

Je sais bien. Mais comment?

Un lemps.

MAITRE AUBERT

Voulez-vous me permettre de vous demander des nouvelles de mademoiselle Bertrade?

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