‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 80 sur 125 · ACTE TROISIÈME. U · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. U

TARANE.

Il le faut... Je suis ici depuis quinze jours... Les travaux do la saison me rappellent impérieusement chez moi... Et puis, que ferais-je ici ?. . . Votre père m'évite... Moi-même, d'ailleurs, je ne veux plus le voir... Je serais gêné, contraint, tout à fait malheureux... Non, c'est décidé, je pars tout à l'heure...

Au moins vous reviendrez après le départ de mon père et de monsieur Chaillard?

TARANE.

Certes... Mais enfin, quelles raisons votre père vous a-t-il données de son refus?

Aucune, je vous l'ai dit.

TARANE.

Mais encore?

Vous avez négligé d'être de son avis, hier, après déjeuner... Vous devez avoir mauvais caractère... Et puis, vous n'êtes pas assez riche... Comme si vous ne l'étiez pas beaucoup plus que moi, qui n'ai rien.

TARANE.

Bref, il ne veut pas parce qu'il ne veut pas... Eh bien, mais... cela nous met à l'aise... Il me semble que nous pouvons, sans scrupule, répondre à un refus arbitraire par l'aflirmation de notre volonté. Vous êtes majeure, Bertrade; vous n'avez pas à votre père de grandes obligations... Au reste la dureté de son procédé vous délie et vous autorise assurément à user de votre droit...

Oh ! non, Hubert, pas cela I Je ne pourrais pas... et je ne dois pas... Songez! nous représentons des traditions que nous sommes tenus d'observer, même quand elles nous font souffrir... Il y a des droits dont nous ne pouvons pas user... parce que nous avons plus de devoirs que les autres...

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