‹ Bertrade; comédie en quatre actesChapitre 81 sur 125 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

TARANE.

Si VOUS m'aimiez vraiment, Bertrade...

Oh! mon ami, cette réplique de roman est indigne de vous. Vous le savez très bien, que je vous aime... Mais attendons, ayons patience... Je vous parais bien calme... Vous vous dites que j'ai le sacrifice bien facile et que j'ai l'air d'une amoureuse transie... Mais c'est que mon affection, Hubert, est plus forte que le temps... Et puis, je ne vous ai pas tout dit... Oui, mon père a été dur, mais il est certainement malheureux... Il me l'a avoué lui-même, et avec une émotion que je ne lui avais jamais vue... Alors, je ne voudrais pas, en ce moment... Mais de quoi est-il malheureux? De ses affaires, peut-être.

TARANE.

Je le crois couvert de dettes. Mais il l'est depuis si longtemps!...

Et... que savez- vous de lui? Cela est étrange; mais, en réalité, je connais à peine mon père...

150 BERTHADE.

Je l'ai si peu vu!... Il est léger, sans doute; il aime les plaisirs... et même, j'en ai peur, les plaisirs les moins permis. Mais enfin, il est honnête homme? Il n'a jamais rien fait contre l'honneur tel que nous le concevons? Il en est incapable, n'est-ce pas?

TARANE.

Je ne sais pas, mon amie.

Vous ne savez pas ?

Nonl

Oh!

TARANE.

TARANE.

Il m'est impossible de mentir avec vous... En tout cas, je ne crois pas, non, je ne crois pas votre père incapable de rêver et, s'il se présentait un jour, de négocier pour sa fille un mariage... môme

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