ACTE TROISIEME
Vous me comblez. Bref, vous me proposez une affaire ?
CHAILLARD.
Soit: mais une affaire loyale, où les apports sont équivalents et où tout le monde a à gagner. N'ayons pas peur des mots. Tout, en ce monde, se réduit à des affaires, à des arrangements, à des conventions...
Je VOUS ai déjà répondu, monsieur, que je ne suis pas libre... Je m'étonne donc que vous y reveniez. Mon père lui-même, s'il vous entendait...
CHAILLARD.
C'est avec son autorisation que j'ai osé vous parler.
BERTRADE, très gênée»
Vous devez vous tromper, monsieur... Mon père, hier, m'a seulement priée d'attendre... Je ne sais s'il a pu, par faiblesse... accueillir votre
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projet... iMais, apparemment, il m'en eût pari» d'abord... Et, s'il était ici, s'il avait connu la forme que vous donnez à votre proposition, il vous eût arrêté dès les premiers mots... Si tout n'est qu'affaires en ce monde, comme vous dites, il y a certaines affaires dont le marquis de Mauferrand est incapable. Dieu merci...
CIIAILLARD.
Vous en êtes sûre? Non, vous n'en êtes pas sûre... Le son même de votre voix vous traliit... Il est charmant, et je l'aime bien, mais il est très moderne, votre père. Eh parbleu ! ce n'est p?5 par des actes de renoncement et des manifestations de sensibilité que je me suis enrichi... Mais si vous croyez que votre père, par cela seul qu'il est gentilhomme... Savez-vous de quoi il a vécu dans ces dernières années? Il a vécu d'argent em])runté et qu'il voudrait bien ne pas rendre. Il a vécu d'une marque de Champagne pour laquelle il a donné son nom. Il a vécu de commissions que lui payaient les tapissiers à qui il recommandait ses amis. Quand sa femme vivait et qu'ils étaient séparés, il lui a demandé un jour cinquante mille francs pour passer une soirée chez lui et y recevoir le prince de Galles. 11 me doit