SCÈNE IV
LE SOUTAIRE , BERTRAM , IMOGÈNE, CLOTILDE , COjNRAD , et les Chevaliers, dans le fond.
( De l'une des galeries du Jond, Bertram s' avarice len-^ iemenl. So?i air est calme,- il tient encore à la main le poignard ai^ec lequel il a frappé Aldini. Son attitude est sî imposante et si terrible que les chefali^rs restent immobiles de surprise. Il marche à pas mesurés , sans qu'on l'arrête. ji sa vue, Jmogène jette un cri déchirant et tombe dans les bras de Clotilde et des femmes qui l'entourent et iéloi^ gnent aussitôt j sans que L'crtram ait remarqué ce mouvement ).
TOUS
Qui es-tu ?
L'assassin !.. qui vient se livrer à vous.
LE SOLIiAIRE.
Oui, c'est toi?., je reconnais ton terrible caractère. Malheureux ! quel démon ta conduit en ces lieux pour les couvrir
deuil ? n'ai-je sauvé tes jours que pour te voir commettre de nouveaux forfaits? est-ce donc ainsi que tu devais recoattaître l^^s soiua que je t'ai prodigués ?
BEIITRAW.
Tune m'as point imploré pour Aldinl ; et quand in l'aurais fai:, penses-tu que j'aie pu me laisser fle'cliir par tes prières, lorsque j'ai refusésa vie aux larmes de celle que j'adorais? Depuis longtemps je ne respirais que pour la vengeance, et maintenant que ma haine s'est assouvie , je réglette de n'être pas tombé sous les coups de mon ennemi. ( regardant partout avec effroi ).
LE SOLITAIRE
Avancez et saisissez ce montre.
JN'approchez-pas , ou chaque goutte de mon sang coûterait la vie à celui de vous qui oserait le répandre : je ne puis être soumis que par ma volonté. J'ai fait sortir mes bandits de ces murs , j ai assuré leur retraite et je suis revenu seul au milieu de vous. Vous deuiandcz vengeance de votre maître assassiné., eh! bien , [jettant son poignard ). saisissez-moi, car je viens pour me rendre et non pas pour combattre'.
Encore une fois . déteste ton crime et implore le pardon j humilie-toi devant Dieu , ta victime est là...
( Une longue panse ^.
J'ai offensé le ciel , je ne veuv pas le tromper. Fais-moi donner la mort , mais n'attends de Bertram aucun signe de faiblesse.
CONRAD
Sa vie est proscrite dans toute la Sicile: cependant nous ne pouvons le livrer au supplice, sans avoir entendu sa défense. Que le conseil s'assemble , que Beriraui y paraisse , et qu'il lente de se justifier.
BEKJRAM.
Hâtez-vous de me conduire à la mort. Mes compagnons peuvent apprendre les dangers que je cours: il n'en es\. pas un qui mt- donnât sa vie pour conserver la mienne, <^ il> ont plus d'un moyen d'ai'river jusqu'à moi. ( S'adtessaHd-u «So/ztaire ). Tu la verras î . . Dis-lui de ne pas maudire vp^ mémoire, l)icnt6t , elle sera vengée. ( // sort ui'cc^ Conrad ^t les chevaliers).
SCÈKE V.
LE SOLITAirvE , a.OTILDE.
LE SOLITAIRK , à Clotilde tfui Sort de l'appartement d'Imo-
gène.
Eh ! bien ?
cr.oTir.DE.
Elle est moins agitée, mais sa douleur a quelque cliose d'effiavant.
L infortunée !.. avant peu , un grand exemple sera donné j un liomrae qui pouvait être 1 honneur de sa patrie, et que la -violence de ses passions a conduit dans la route du crime, va périr de la mort dos scélérats!.. Clotilde, que la comtesse ne puisse sonpronner ce terrible événement.
(".L«JT!LDE.
Rassurcz-vo'js : je veillerai sur ma bonne maîtresse , c'est la dernière preuve d atiaLnemeut que peut-être il me sera permis de lui donner.
LE SOLITAIRE
Dieu de bonté , daiguc; toucher le cœur de ce uialheureux , €t que du moins, son repentir le rende digue de ta clémence!.. (^ // sort eu proie à la plus vive affliclion ).
SCÈIVE VI.
CLOTILDE , seule.
Que de maîbeursî ma pauvre maîtresse pourra- t-elle s'en consoler jamais ! . Le désordre de son esprit la rend maintenant ins(<isiblc à ses mau.v !.. IMais, béias ! elle ne recouvrera .sa raison que pour seniir toute l'horreur de sa situation. Quel bruit! il vienide cecôté !.. [S' approchant et entrouvrant la porte par laquelle (es chevaliers ont emmené Bertram^. C'est dans cette salle qu'est assemblé le conseil !.. .Te vois les clievabei"*;; lîertram est an milieu d'eus!.. El cet homme est un tueuiVier I
SCÈ^'E VIL
CLOTILDE, L'Enfant.
l'eNF A>' T .
Clotilde , YJe.s donc cojisoler ma mère.
Que lui esi-il arrivé?
l'en F A NTT.
Je ne sais pas 5 j'ai beau le lui demancler , elle ne veut pas me répondie , on dirait qu'elle ne aie reconnaît pas.
CLOTILDE
Venez , mon ami , allons la retrouver,
l'eni-'am'.
La voici.