SCÈNE XV
LE SOLITAIRE , BERTRAM , tout h monde au fond.
LE SOLITAIRE
Bertram, le signal tle ton supplice vient de retentir dans les airs.
EERTP.AM , av'cc joie.
Est-il donc vrai ?.. je ne l'ai pas entendu.
Encore quelques minutes et tu qunteras cette terre dont tes crimes t'ont rendu réponvanie et 1 horreur !
Alors ! tout sera répare.
LE SOrTTAIRE.
Tout !.. peux-tu le croire ? malheureux ! je viens par compassion pour ton aine, et pour pleurer sur ce cœur que rien -ne peut fléchir. ( Une longue pause ). Bertram, tu touches au moment d'une mort terrihle. Repens-toi , mon fils , mon cher fils! ( Il pleure et le regarde avec inquiétude ). N'ai-je pas vu dans tes yeux une larme de repentir ?
Peut-être une larme serait tombée, si tu avais pu ne pas la voir.
( Son de tamfam). LE SOLITAIRE , se hvnnt avec dignité ).
Voici ralTrcux signal : Bertram , écoute , c'est Dieu , qui par ma voix te parle pour la dernière fois. Repens-toi , et tu seras pardonné ! ( Second son de tanitam ).
{^Bertram, fortemejit éinUj se tourne vers le Solitaire , au même instant on entend un cri terrible. Bertram en est frappé d'horreur ).
LE SOLITAIRE , étendant les bras r^ers la galerie où l on a transporté fm ogène .
Plaide pour pjoi . toi dont les cris horribles viennent percer le cœur de celui que mes prières n'ont pu toucher ! BERTRAM , égaré.
Quelle est cette voix ? Ae me le dis pas ! ne la nomme pas î je t'en conjure...
LE SOLITAIRE
C'est Imogène. Elle est plongée dans le plus afFreux délire et pourtant dans l'excès de son désespoir, elle n'a jamais maudit ton nom.
( Bertram cherche à s'élancer vers elle ; mais entendant
un second cri ^ il reste consterné, fmogene sort avec fureur en se dégageant de ses femmes. Elles restent en arrière ).
li\10Gfc;>E.
Laissez-moi. laissez-moi, laissez-aioi ! point d'ëpouse, point de more ! ( Elle court en avant jusqu'à Bertram j qui reste immobile ). Ali? je le retrouve cuiia ! maiuieiiaut , je ne le quitlerivi plusl
lîERTRAM , tremblant.
EiFrayante apparition ! ( il recule devant elle ). IMOGENE , le suivant.
Rends-moi mou époux j rends-moi mon enfant 3 on dit que mes esprits sont égarés, pourtant je le connais bien , regardemoi. Ou voudrait lier ces membres épuisés... moi , je ne demande que la mort... la mort de ta ujain...
[Bertram la jegarde fixement , yuis, il s'élance vers le Solitaire ^ et tombe à ses pieds ).
BLRTP.AM.
<^ui a inventé cela ? 011 sont les tortures que j'espérais ? ce supplice est au-d"ssus de mes ibrces !.. cessea !.. éloigncz-la!.. ne suis-je pas abattu maintenant ? ne suis-je pas immilié sous vos pieds? (il s'agite awv pieds du Solitaire , eni,uite il se tourne vers les chevaliers ) N'y a-t-il pas de malédiction qui lletvisse éternellemenl un nom d'homme ! n'y a-t-il pas de main pour percer le cœur d'un soldat? n'y a-l-ll point de supplice pour iiuir les jours d'un assassin?
IMOGENE , se levant au dernier mot de Bertram.
( Il s'élanee vers elle j et prononce d'abord faiblement le nom d' Imogène , mais lorsqu'il l approche j et qu'il voit dans ses regards la folie et le désespoir , il le répète encore une fois ^ sciJLs oser l'approcher ^ jusqu'à ce que la voyant tomber dans les bras de Clotilde j il la saisit dans les siens).
iMjGEISE.
Bertram! avais-je mérité les malheurs qui me sont venus de toi ? ( Ses y eux se ferment ; elle tombe et reste sans connaissance dans les bras de Bertram ).
LE Si LliAlRE.
C'en est fait. Eloignez ce malheureux ! ( Les chevaliers avancent. Bertram fait signe d' une main qu'ils s'éloignent j et de l'autre il soutient Imo^ène).
BEKTRAM.
Laissez-moi! elle n'est pas morte ! ( avec violence ). Elle ne
doit pas mourir! Elle ne mourra pas, av.int qu'elle ne mail pardonné! parle, parle-moi! chère Imo^'èuc 1 Elle lie parle ni ne respire. Je l'aimais; oui , je l'iii incc 3 mais je rainiais de toutes les forces de mon âme! quels biiis pourront jamais nors séparer! [Il a i^agné le coin de la scène en la tenant toujours dans ses bias ; les chci>aliers semblent hésiter ; dans ce moment ^ n?i bruit ejjroyahle sefait entetuh e et un chevalier accourt avec précipitation ).