‹ Bertram: ou, Le pirate; mélodrame en trois actesChapitre 46 sur 47 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

LE SOLITAIRE , BERTRAM , tout h monde au fond.

LE SOLITAIRE

Bertram, le signal tle ton supplice vient de retentir dans les airs.

EERTP.AM , av'cc joie.

Est-il donc vrai ?.. je ne l'ai pas entendu.

Encore quelques minutes et tu qunteras cette terre dont tes crimes t'ont rendu réponvanie et 1 horreur !

Alors ! tout sera répare.

LE SOrTTAIRE.

Tout !.. peux-tu le croire ? malheureux ! je viens par compassion pour ton aine, et pour pleurer sur ce cœur que rien -ne peut fléchir. ( Une longue pause ). Bertram, tu touches au moment d'une mort terrihle. Repens-toi , mon fils , mon cher fils! ( Il pleure et le regarde avec inquiétude ). N'ai-je pas vu dans tes yeux une larme de repentir ?

Peut-être une larme serait tombée, si tu avais pu ne pas la voir.

( Son de tamfam). LE SOLITAIRE , se hvnnt avec dignité ).

Voici ralTrcux signal : Bertram , écoute , c'est Dieu , qui par ma voix te parle pour la dernière fois. Repens-toi , et tu seras pardonné ! ( Second son de tanitam ).

{^Bertram, fortemejit éinUj se tourne vers le Solitaire , au même instant on entend un cri terrible. Bertram en est frappé d'horreur ).

LE SOLITAIRE , étendant les bras r^ers la galerie où l on a transporté fm ogène .

Plaide pour pjoi . toi dont les cris horribles viennent percer le cœur de celui que mes prières n'ont pu toucher ! BERTRAM , égaré.

Quelle est cette voix ? Ae me le dis pas ! ne la nomme pas î je t'en conjure...

LE SOLITAIRE

C'est Imogène. Elle est plongée dans le plus afFreux délire et pourtant dans l'excès de son désespoir, elle n'a jamais maudit ton nom.

( Bertram cherche à s'élancer vers elle ; mais entendant

un second cri ^ il reste consterné, fmogene sort avec fureur en se dégageant de ses femmes. Elles restent en arrière ).

li\10Gfc;>E.

Laissez-moi. laissez-moi, laissez-aioi ! point d'ëpouse, point de more ! ( Elle court en avant jusqu'à Bertram j qui reste immobile ). Ali? je le retrouve cuiia ! maiuieiiaut , je ne le quitlerivi plusl

lîERTRAM , tremblant.

EiFrayante apparition ! ( il recule devant elle ). IMOGENE , le suivant.

Rends-moi mou époux j rends-moi mon enfant 3 on dit que mes esprits sont égarés, pourtant je le connais bien , regardemoi. Ou voudrait lier ces membres épuisés... moi , je ne demande que la mort... la mort de ta ujain...

[Bertram la jegarde fixement , yuis, il s'élance vers le Solitaire ^ et tombe à ses pieds ).

BLRTP.AM.

<^ui a inventé cela ? 011 sont les tortures que j'espérais ? ce supplice est au-d"ssus de mes ibrces !.. cessea !.. éloigncz-la!.. ne suis-je pas abattu maintenant ? ne suis-je pas immilié sous vos pieds? (il s'agite awv pieds du Solitaire , eni,uite il se tourne vers les chevaliers ) N'y a-t-il pas de malédiction qui lletvisse éternellemenl un nom d'homme ! n'y a-t-il pas de main pour percer le cœur d'un soldat? n'y a-l-ll point de supplice pour iiuir les jours d'un assassin?

IMOGENE , se levant au dernier mot de Bertram.

( Il s'élanee vers elle j et prononce d'abord faiblement le nom d' Imogène , mais lorsqu'il l approche j et qu'il voit dans ses regards la folie et le désespoir , il le répète encore une fois ^ sciJLs oser l'approcher ^ jusqu'à ce que la voyant tomber dans les bras de Clotilde j il la saisit dans les siens).

iMjGEISE.

Bertram! avais-je mérité les malheurs qui me sont venus de toi ? ( Ses y eux se ferment ; elle tombe et reste sans connaissance dans les bras de Bertram ).

LE Si LliAlRE.

C'en est fait. Eloignez ce malheureux ! ( Les chevaliers avancent. Bertram fait signe d' une main qu'ils s'éloignent j et de l'autre il soutient Imo^ène).

BEKTRAM.

Laissez-moi! elle n'est pas morte ! ( avec violence ). Elle ne

doit pas mourir! Elle ne mourra pas, av.int qu'elle ne mail pardonné! parle, parle-moi! chère Imo^'èuc 1 Elle lie parle ni ne respire. Je l'aimais; oui , je l'iii incc 3 mais je rainiais de toutes les forces de mon âme! quels biiis pourront jamais nors séparer! [Il a i^agné le coin de la scène en la tenant toujours dans ses bias ; les chci>aliers semblent hésiter ; dans ce moment ^ n?i bruit ejjroyahle sefait entetuh e et un chevalier accourt avec précipitation ).

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