‹ Bertrand Barère, 1755-1841Chapitre 4 sur 30 · II. — Barère au barreau de Toulouse · texte numérisé non relu

II. — Barère au barreau de Toulouse

En 1770, Bertrand Barère est admis, avec dispense d'âge, à rUniversité de Toulouse, alors fameuse dans tout le Midi. 11 prêta le serment d'avocat le 8 juillet 1775; il n'avait pas encore vingt ans. Il entrait avec joie dans cette belle carrière du barreau à laquelle il s'était préparé consciencieusement. « J'aimais, écrit-il, exercer « ces fonctions courageuses de l'avocat, qui défend le ce faible contre le fort, l'homme obscur contre le puis- « sant, l'opprimé contre l'oppresseur (1) ». Pénétré de ces idées généreuses, il jeta les bases d'une institution bienfaisante qui a été imitée un demi-siècle après par le législateur sous le nom d'assistance judiciaire. Une conférence d'avocats de tout âge, formée à Toulouse par son initiative, se réunissait chaque mois pour examiner et distribuer entre ses membres les procès qui ne pouvaient, faute de ressources suffisantes, être engagés par les artisans et les personnes peu fortunées.

Travailleur infatigable, tandis que ses brillants succès au barreau attiraient sur lui l'attention, il prenait

(1) Mémoires, 1. 1•^ p. 207.

part à plusieurs concours ouverts par les Académies locales. Son éloge de Louis XII, ses mémoires sur le cardinal Georges d'Amboise, sur Lefranc de Pompignan, son éloge de Montesquieu sont successivement couronnés. Bientôt l'Académie de Montauban, l'Académie des Jeux floraux, l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse lui ouvrent leurs portes.

Page 1