‹ Bertrand de KergoëtChapitre 4 sur 8 · VI SIMPLE DISCOURS · texte numérisé non relu

VI SIMPLE DISCOURS

du faubourg Saint-Gerniaiu , ou uoMesse de province, à ce grand corps de propriétaires si puissant et si capable d'influence par sa position de fortune territoriale :

Vous avez failli à vos devoirs; vous êtes en grande partie coupables de tout le mal qui s'est accompli depuis ilix ans. Vous croyez pouvoir vous abstenir des luttes électorales ; vous pensez qu'il est permis à un parti de se mettre à l'écart , et d'assister , comme jadis on assistait k un tournoi , aux troubles et aux malheurs de son pays : vous avez tort, et je vous le dis, le cœur navré, vous avez failli; vous êtes coupables.

Vous êtes responsables , vous qui , depuis dix ans, désertez les luttes politiques; vous êtes responsables, qui que vous soyez, quels que soient vos motifs, du mal accompli dans l'ordre moral, des principes faussés, et de l'égarement dans lequel les peuples ont été jetés.

Vous êtes responsables de ces clameurs révolutionnaires, dont le bruit n'a peut-être pas encore eu la puissance de vous réveiller; vous êtes responsables de ces marseillaises chantées dans les rues de nos cités, et de ces émeutes qui tant de fois ont ensanglanté nos places publiques.

SIMPLE DISCOURS. vu

En vérité , je vous ie dis, vous êtes lospon sabirs (le tout cela. Vous portez votre part de culpabilité de toutes ces foutes; vous êtes coupables corome parti ; vous êtes coupables comme citoyens.

Comptez combien depuis dix ans vous avez laissé établir comme des vérités, de faux principes que vous n'aurez jamais la puissance de détruire, quelles que soient les chances heureuses que l'a-

venir vous reserve

Votre absence des collèges électoraux dontxe le pouvoir à toutes ces minorités qui n'attendaient que votre silence pour se substituer à votre majorité ; les destinées de la France , abandonnées par vous, sont ballottées, depuis dix ans, des ductrinalres à la gauche , et de la gauche à je ne sais quel assemblage , quelle réunion d'hommes aux insaisissables principes, qui n'osent rien détruire, il est vrai, mais qui ne conservent rien. Toutes les années écoulées depuis dix ans se sont passées en misérables disputes de tribune, en discussions personnelles , en tiraillements du pouvoir ; nos Chambres ressemblent à une vaste maison de jeu , où des joueurs se disputent l'enjeu exposé sur le tapis!.... et cet enjeu est la fortune de la France, ses destinées, son avewir;"'

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