LL PE
Deix monuments à la mémoire dé Wolfe ont été élevés en Angleterre, l’un dans sa paroisse natale, Westerham, dans le comté de Kent, et l’autre dans l’église de Westminster, aux frais de l'Etat et sur un vote de la Chambre des Communes du 21 de novembre 1759. La prise de Québec avait 6té annoncée au Parlement par les Commissaires du Roi, dans le discours d'ouverture, le 13 de novembre, dans les termes suivants : ‘“ La conquête de tant de places importantes en Amérique, ainsi que la défaite de l’armée française en Canada ét la prise de Québec, capitale de ce pays, font le plus grand honneur au courage et à l'habileté: des officiers de l’armée et de la marine, et jettent le plus grnn état sur Fans de nos trou-
Lost. À. Anieé voulut que l'endroit
ie fais à L k o héros anglais mourut fut
üñ “fhondment, et il fit iélonub tronquéé avé
LES PLAINES D'ABBAHAM 99
Here died : Wolfe Victorious Sept. XIII MDOCLIX
On lit dans le grand ouvrage de Bouchette, qu’un des quatre blocs de granit
que le major Holland, alors arpeñteur-
général, avait placés sur les plairies d’Abraïam pour y indiquer la méridienne qu’il y avait tracée, occupe précisément le coin d’uns redoute où Wolfée expira. Il n'y avoit donc pas à s’y tromper. On
trouve, sur les plaines, un grand nombre
de ces blocs erratiques de gneiïss, de granit, ou de hornblende, qui paraissent appar-
tenir à la formation des Laureïtides ; et
le lieutenant Baddley, dans sa description
géologique des environs de Québec, a Fe è
‘avec raison, qu’une pyramide, composés
Ts
da ces énvrraes pierres, formerait peutêtre i Dlss ‘beau monumens qu’on pôt Fe a élever aux “héros du 13 septembre. Toutead cette idée ne fut point suivie, et lors onenent de Jord Arias « co me.
LS
à o on té so méeerémaréotimeenmnemntenntententenens tmmrmeniennetinntte
mença à tomber en ruines, tant à cause du climat que de l'absence de toute protection contre les vagabonds qui se sont assez longtemps donné rendez-vous dans les environs de ce lieu célèbre, une colonne surmontée d’un casque et d’une épée antiques, fut élevée par l’armée anglaise.
Vôici l'inscription que porte le piédestal de la nouvelle colonne, en sus de la première qu’on y à Copiée : :
“ This pillar was erected by the British Army in Canada, À D. 1849. His Excellency, Lieutenant General Sir Benjamin d’Urban being Commander of the Forces, to replace that erected by Governor General Lord Aylmer in#812, which was bro-
ken and defaced, and is deposited beneath. ” ce
Lord Aylmer suivit en outre l'exemple
de iord Dalhousie, et, dans sa scllicitude
pour la mémoire de Wolfe, il n'oublia pas non plus celle de son illustre rival. Com-
me la tombe de Montcalm attendaitencore
l'épitaphe latine composée, peu de temps
Inscriptions et Belles-Lettres, dônt ce héros était membre, il fit mettre dans l’église des Ursulines, un marbre portant ces brèves et sublimes paroles :
Honneur à Montcalm !
Le destin, en lui dérobant la victoire, L’a récompensé par une mort glorieuse.
A l'anniversaire séculaire de l’événement, les citoyens de Québec eurent la satisfaction de placer, près du chœur de ceise église, un. cénotaphe de marbre blanc portant les armes des Montcalm et linscription de l'Académie. Le marbre que M. de Bougainville avait expédié au Canada en 1761, avec la permission du roi d'Angleterre, ne s’est jamais rendu à sa destination ; on croit que le vaisseau à bord duquel il fut mis fit naufrage. :
Cette inscription, toutefois, mentionne une circonstance qui est: fort contestée, celle de la fameuse bombe qui aurait creusé
+ Der la sépulture de Montcaim.
Le souvenir de la seconde bataille des di plaines d'Abraham a été, pour bien dire, AS jué pe. le Jen Rue que. M.
Garneau lui a consacré dans son Histoire du Canada : et la découverte de nombreux ossements, près du chemin de Sainte- Foye, suggéra à la Société Saint-Jean- Baptiste de Québec li idée d'élever une colonne à la mémoire de Léfis et de Murray, et à celle des braves qui combattirent sous leurs ordres. Trois imposantes cérémonies ont permis à plusieurs représentants successifs de notre gracieuse souveraine de prendre part à ce grand acte de justice. Le général Rowan, le 5 juin 1854, à l'occasion de la cérémonie funèbre par laquelle on donna la sépulture chrétienne aux ossements retrouvés ; sir Edmund-Walker Head, le 19 juillet 1855, . lors de la pose de la première pierre, et, enfin, lord Monck, le 19 octobre 1863, :
: lors de l'inauguration du msnument com- .plété par la”statue donnée par le prince … Napoléon, ont noblement terminé l'œuvre commencée par lord Dalhousie id conti-
seat a
-La er du commandant à Bart, me.
en 1855, avec l'équipage du premier vaisseau de guerre français qui aît remonté ie Saint-Laurent depuis la cession du pays, et, en 1863, celle du baron Gauldrée Boileau, le premier consul général que la France ait accrédité en Canada, sont aussi deux coïncidences on ne peut plus heureuses.
Le monument actuel consiste en ane colonne de bronze cannélée placée sur un piédestal de belles proportions, qui repose lui-même sur une base en pierre. Une statue de Bellone la couronne : elle porte la lance et le bouclier mythologique et est tournée vers cette partie du champ de bataille qu’occupait l’armée française. Qua- :
tre mortiers en bronze sont placés à chaque coin du piédestal. La face qui regarde le …
+ chemin de Sainte-Foye porte cette inscrip-
tion : “ Aux BRAVES DE 1760—ERIGÉ PAR
‘LA Socréré SAINT-JEAN-BAPTISTE DE Qué-
BEC, 1860. ” Du côté de la ville, le nom
ï de Murray se lit au-dessus des armes et ds
a des pores de s'Aaeere: da côté de. 2
la campagne, celui de Lévis, au-dessus des armes et des emblèmes de la vieille . France. En arrière, setrouve un bas-relief représentant le moulin de Dumont et les armes et les emblèmes du Canada. (1).
La statue a dix pieds de hauteur, et le monument en a soixante-quinze en tout.
Rien ne manque plus aujourd’hui à la gloire des combattants du dernier siècle, .
de ceux qui ont été les nobles instruments de la Providence dans les plus grands événements de notre histoire. Le Canada a racheté sa loïgue indifférence, et il est demontré, une fois de plus, que ce n’estpas une vaine formule dont on se sert . lorsqu'on en appelle tous les jours à la ” justice de la. postérité.
(1) Le dessin de ce monument a été fait par "M. Charles Baillargé.