ACTE I
envers vous; j'honore le commerce, je veux le favoriser; et si à vous personnellement je puis rendre quelques services. . . .
Raton — C'est trop de bontés ; et puisque votre majesté daigne m'y encourager, il est une faveur, que je sollicite depuis longtemps, le titre de marchand de soieries de la couronne.
Éric, le tirant par son habit. — Mais ce titre appartient déjà à maître Revantlow, votre confrère.
Raton.— Qui n'exerce pas, qui se retire^ des affaires, qui n'est plus assorti .... et quand ce serait un passe-droit, une faveur, tu as entendu que sa majesté voulait favoriser le commerce, et j'ose dire que j'y ai des droits; car, par le fait, c'est moi qui suis le fournisseur de la cour. Je vends depuis longtemps à votre majesté, je vendais à la reine Mathilde. . . . quand elle n'était pas indisposée; j'ai vendu ce matin à son excellence M. le comte de Falkenskield, ministre de la guerre, pour le prochain mariage de sa fille. . . .
Éric, vivement. — De sa fille ! . . . . elle se marie !
Rantzau, le regardant. — Oui, sans doute ! au neveu du comte de G-œlher, notre collègue.
Éric— Elle se marie !
Raton. — Qu'est-ce que cela te fait?
Éric. — Rien ! . . . . j'en suis content pour vous.
Raton.— Certainement, une belle fourniture ; d'abord les robes de noces et tout l'ameublement, en lampas, et quinze-seize, façon de Lyon, le tout sortant de nos fabriques ; c'est fort, c'est moelleux, c'est brillant. . . .
Rantzau. — J'aperçois Falkenskield, il se rend au conseil.
La Reine. — Ah ! je ne veux pas le voir. Adieu, comte ; adieu, monsieur Burkenstaff ; vous aurez bientôt de mes nouvelles.
Raton. — Je serai nommé. ... Je cours chez moi l'apprendre à ma femme ; viens-tu, Éric?
Rantzau. — Non, pas encore ! J'ai à lui parler. (A Éric,
pendant que Raton sort par la porte du fond.) Attendez, là, (il lui montre la coulisse à gauche,) dans cette galerie, vous saurez sur-le-champ la réponse du comte.
Éric, s' inclinant. — Oui, monseigneur.
S2 BERTRAND ET RATÔH