SCÈNE X^ IX
RANTZAU ; FALKENSKIELD, sortant de la porte à droite.
Falkenskield, entrant en rêvant. — Struensée a tort ! il est trop haut maintenant pour avoir rien à craindre, et il peut tout oser. ^Apercevant Rantzau ) Ah ! c'est vous, mon cher collègue ; voilà de l'exactitude !
Rantzau. — Contre mon ordinaire. . . . car j'assiste rarement au conseil.
Falkenskield. — Et nous nous en plaignons.
Rantzau. — Que voulez-vous ! à mon âge. . . .
Falkenskield. — C'est celui de l'ambition, et vous n'en avez pas assez.
Rantzau. — Tant d'autres en ont pour moi ! . . . De quoi s'agit-il aujourd'hui?
Falkenskield. — La reine présidera le conseil, et l'on s'occupera d'un sujet assez délicat. Il règne dans ce moment un laisser-aller, une licence
Rantzau. — A la cour?
Falkenskield. — Non, à la ville. Chacun parle tout haut sur la reine, sur le premier ministre. Moi, je serais pour des moyens forts et énergiques. Struensée a peur ; il craint des troubles, des soulèvements, qui ne peuvent exister; et en attendant, l'audace redouble: il circule des chansons, des pamphlets, des caricatures.
Rantzau.— Il me semble cependant qu'attaquer la reine est un crime de lèse-majesté, et dans ce cas-là la loi vous donne des pouvoirs
Falkenskield.— Dont il faut user. Vous avez raison.
Rantzau. — Mon Dieu ! un bon exemple, et tout le inonde se taira. Vous avez entre autres un mécontent, un bavard, homme de tête et d'esprit, et d'autant plus dangereux, que c'est l'oracle de son quartier.
Falkenskield. -Et qui donc?