SCÈNE X
ÉRIC, KANTZAU.
(Éric s'est montré à gauche pendant que Rantzau et Falkenskield remontaient le théâtre.
Ékic. — Eh bien, monsieur le comte?. . je sèche d'impatience..
Rantzau, froidement. — Vous êtes nommé, vous êtes lieutenant.
Éeic— Est-il possible !
Rantzau. — A la sortie du conseil j'irai chez votre père choisir quelques étoffes, et je vous porterai moi-même votre brevet.
Ékic. — Ah !. . . . c'est trop de bontés.
Rantzau. — Un avis encore que je vous donne, à vous, sous le sceau du secret. Votre père est imprudent. ... il parle trop haut .... cela pourrait lui attirer de fâcheuses affaires ....
Ékic. — 0 ciel ! en voudrait-on à sa liberté?
Rantzau. — Je n'en sais rien, mais ce n'est pas impossible. En tout cas, vous voilà avertis . . . vous et vos amis, veillez sur lui. . . et surtout du silence.
Ékic. — Ah ! l'on me tuerait plutôt que de m'arracher un mot qui pourrait vous compromettre. (Prenant la main de Rantzau.) Adieu adieu, mo iseigneur. (B sort.)
Rantzau. — Brave jeune homme ! . . . . qu'il y a là de générosité, d'illusions et de bonheur ! (Avec tristesse.) Ah ! que ne peut-on rester toujours à vingt ans !. . . . (Souriant en lui-même.) Après
tout, c'est bien vu! on serait trop aisé à tromper. . . .Allons
au conseil ! (Il sort.)
26 BERTEANO ET EATON