SCÈNE XI
BANTZAU, BATON. (Rantzau s'est assis près du comptoir, et Raton de Vautre côté, à droite.)
Eaton. — On vous a fait attendre, et j'en suis désolé.
Bantzau. — J'en suis ravi je reste plus longtemps avec
vous ; et l'on aime à voir de près les personnages célèbres.
Eaton. — Célèbres! vous êtes trop bon. Du reste, c'est
une chose inconcevable. . . ce matin personne n'y pensait, ni moi non plus. . . .et c'est venu en un instant.
Bantzau. — C'est toujours ainsi que cela arrive. (A part) Et que cela s'en va. (Haut.) Je suis seulement fâché que cela n'ait pas duré plus longtemps.
Bâton. — Mais ça n'est pas fini Vous l'avez entendu ils
vont venir me prendre pour me mener en triomphe. Pardon, je vais m'occuper de ma toilette ; car, si je les faisais attendre, ils seraient inquiets ; ils croiraient que la cour m'a fait disparaître.
Bantzau, souriant. — C'est vrai, et cela recommencerait.
Bâton. — Comme vous dites .... ils m'aiment tant ! . . . . Aussi, ce soir, ce souper que je crois, d'un bon effet, parceque dans un repas on boit
Bantzau.— On s'anime.
Eaton. — On porte des toasts à Burkenstaff, au chef du peuple,
comme ils m'appellent Vous comprenez Adieu, monsieur
le comte.
Bantzau, souriant et le rappelant. — Un instant, un instant
pour boire à votre santé il faut du vin, et ce que vous disiez tout à l'heure à votre femme ....
Eaton, se frappant le front— C'est juste Je l'oubliais
(Il passe derrière Rantzau et derrière le comptoir, et montre la porte qui est sous l'escalier.*) J'ai là le caveau secret, le bon endroit où je tiens cachés mes vins du Bhin et mes vins de France. . . . Il n'y a que moi et ma femme qui en ayons la clef.
Bantzau, à Raton qui ouvre la porte.— C'est prudent. J'ai cru d'abord que c'était là votre caisse.