‹ Bertrand et Raton; drame en cinq actesChapitre 65 sur 116 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Eantzau. — Un mot d'abord : êtes-vous bien persuadée, comme je le suis moi-même, que dans ce moment il ne vous reste d'autre chance, d'autre alternative que la régence, ou une prison perpétuelle?

La Eeine. — Je le crois fermement

Eantzau. — Avec une telle certitude on peut tout oser : ce qui serait témérité ailleurs devient de la prudence ! (Lentement et montrant la porte a gauche.) Cette porte conduit dans l'appartement du roi?

La Eeine. — Oui ! je viens de le voir seul, abandonné de

tous, et dans ce moment presque tombé en enfance.

Eantzau, de même et h demi-voix. — Alors, et puisque vous pouvez encore pénétrer jusqu'à lui, il vous serait facile d'obtenir

La Keine. — Sans doute ! mais à quoi bon? à quoi servir à

l'ordre d'un roi sans pouvoir?

Kantzau, a demi-voix et avec force. — Que nous l'ayons seulement ! . . . .

La Eeine, vivement. — Et vous agirez?

Eantzau. — Non pas moi.

La Eeine.— Et qui donc?

Eantzau, s'arrêtant. — On frappe.

(Montrant la petite porte à gauche.)

La Eeine, à demi voix. — Qui vient là?

Eaton, en dehors. — Moi, Eaton de Burkenstaff.

Eantzau, à demi-voix, à la reine. — A merveille ! . . . c'est l'homme qu'il nous faut pour exécuter vos ordres, lui et Koller.

La Eeine. — Y pensez-vous.

Eantzau. — Il est inutile qu'il me voie; faites-le attendre ici quelques instants et venez me retrouver.

La Eeine. — Où donc?

Eantzau, à demi-voix. — Là !

La Reine. — Dans l'antichambre du roi !

(Rantzau sort par la porte à deux battants, à gauche.)

Page 1