ACTE V. SCÈNE VIL 127, Scène VII
CHRISTINE, RANTZAU, GŒLHER, FALKEN- SKIELD.
GŒLHER.
Est-ce que je sais ? c'est un désordre, une confusion. J ai beau demander comme vous : Qu'y a-t-ii ? comment cela se fait-il ? tout le monde m'interroge et personne ne me répond.
FALKENSKIELD.
Mais vous étiez îà cependant... vous étiez au palais...
GŒLHER.
Certainement, j'y étais; j'ai ouvert le bal avec la reme; et quelque temps après le départ de sa majesté, je dansais le nouveau menuet de la cour avec mademoiselle de Thornston, lorsque tout-à-coup, parmi les groupes occupés à nous admirer, je remarque une distraction qui n'était pas naturelle; on ne nous regardait plus, on causait à voix basse, un murmure sourd et prolongé circulait dans les salons... Qu'y a-t-il donc ? Qu'est-ce que c'est ? Je le demande à ma danseuse, qui ne le sait pas plus que moi, et j'apprends par un valet de pied tout pâle et tout effrajé, que la Reine Mathilde vient d'être arrêtée par l'ordre du roi.
FALKENSKIELD.
L'ordre du roi !... et Struensée ?
GŒLHER.
Arrêté aussi, comme il rentrait du bal.
FALKENSKIELD, avec impatience.
Et Koller, morbleu ! Koller, qui avait la garde du palais, qui y commandait seul !
GŒLHER.
^ Voilà le plus étonnant et ce oui me fait croire que ce n est pas vrai. On ajoutait que cette double arrestation avait ete exécutée par qui ? par Koller lui-même, porteur a un ordre du roi.
FALKENSKIELD.
Lui nous trahir! ce n'est pas possible î