J28 BERTRAND ET RATON
GŒLHER, à Ranizau, C'est ce que j^ai dit, ce n'est pas possible ; mais en attendant on le dit, on le répète ; la garde du palais crie ; Vive le roi ! le peuple appelé aux armes par Raton Burkenstaff et ses amis crie encore plus haut ; les autres troupes, qui avaient d'abord résisté, font maintenant cause commune avec eux ; enfin je n'ai pu rentrer à mon hôtel, devant lequel j'ai aperçu un attroupement ; et j'arrive chez vous, non sans danger, encore tout en émoi et en costume de bal.
RAXTZAU.
C'est m.oins dangereux dans ce moment qu'en costume de ministre.
GŒLHER.
je n'ai pas eu le temps depuis hier de commander le mien.
RAXTZAU.
Vous pouvez vous épargner ce soin. Que vous disaisje hier ? il n'y a pas vingt-quatre heures, et vous n'êtes plus ministre.
GŒLHER.
Monsieur !
RAXTZAU.
Vous l'aurez été pour danser une contredanse, et après les travaux d'un pareil ministère vous devez avoir besoin de repos ; je vous l'offre chez moi {viveîîient), ainsi qu'à tous les vôtres, seul asile où vous soyez maintenant en sûreté, et vous n'avez pas de temps à perdre. Entendez-vous les cris de ces furieux ? venez, mademoiselle, venez... suivez-moi tous, et partons.
{Dans ce moment les deux croisées du fojid ouvrent violemmefît. Jean et plusieurs matelots ou gens du peuple paraissent sur le balcon armés de carabines.)