ACTE V. SCÈNE X
RATON, tout en décachetant le papier, lui faisant signe de se taire,
Jean ]
JEAN
Oui, notre maître. {A ses compagnons.) En revanche, si ça avait mal tourné, nous y passions tous, lui, son fils, sa famille et ses garçons de boutique.
RATON
Jean, taisez-vous !
JEAN
Oui, notre maître. {Criant.) Vive BurkenstafF !
RATON, avec satisfaction.
C'est bien, mes amis; mais du silence. {Lisant) Nous Christian VII., roi de Danemark, à nos fidèles sujets et habitants de Copenhague. Après avoir puni la trahison, il nous reste à récompenser la fidélité dans la personne du comte Bertrand de Rantzau, que, sous la régence de notre mère, la reine Marie-Julie, nous nommons notre premier ministre...
RANTZAU, d'un air modeste.
Moi, qui ai demandé ma retraite et qui veux me retirer des affaires...
RATON, sévèrement.
^ Vous ne le pouvez pas, monsieur le comte ; le roi Tordonne, il faut obéir... Laissez-moi achever, de grâce! {Continuant de lire.) Dans la personne du comte Bertrand de Rantzau, que nous nommons premier ministre, {avec emphase) et dans celle de Raton BarkensîafF, négociant de Copenhague, que nous nommons dans notre maison royale {baissant la voix) premier marchand de soieries de la couronne."
TOUS
Vive le roi ! ,
JEAN
C'est superbe! nous aurons les arm.es royales sur notre boutique.
RATON, faisant la gnmace.
La belle avance !,.. et au prix que ça me coûte !..^
TEAN. . ,
Et moi, la petite place que vous m'avez promise . ...
RATOX.
Laisse-moi tranquille !
JEAN. .! ScS ,v!::j\7g!hvts.
Quelle ingratitude!... moi qm suis cause de tout... aussi il me le paiera !
mi^que le roi rexige??faut bien s'y soumettre n.eV eu s et se charçrer d'un fardeau quallcgera. je en ère 0"'-v n^^^'sfrafs). l'affection de mes concuoyens 4 ) Pour vous, mon ieune oflicier, qui dans cette occasion avez couru les plus grands risques... on vous doit quelque récompense.
ÉRIC, avec franchise.
,\ucune- car, ie puis le 'dire maintenant a vous a vo-as seul..', (a -î/.lr./.r.) Je nai jamais conspire ! R \XTZ -VU, //// imposant siJaicc.
C'est bien ! voilà de ces choses qu'on ne dit jamais...
^P^^'- RATON, à p.irl, irisîniunt.
Fournisseur de la cour!
MARTHE
Tu dois être content... c'est ce que tu désirais.
RATON
Te l'étais déjà par le tait, excepté que je fournissais deuK r:,nes, et q'u'en en renvoyant une je perds la moitié de ma clientelle.
■MARTHE. j t
T-t tu as risqué ta fortune, ton existence, celle de ton fil? qtii Sst blessé... dangereusement peut-être... et
pourquoi
RATON, monirant Ranîzau d KoUcr, Pour que d'autres en profitent.
:marthe.
Iniites donc des conspirations !