‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 107 sur 157 · ACTE V. SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈNE X

RATON, tout en décachetant le papier, lui faisant signe de se taire,

Jean ]

JEAN

Oui, notre maître. {A ses compagnons.) En revanche, si ça avait mal tourné, nous y passions tous, lui, son fils, sa famille et ses garçons de boutique.

RATON

Jean, taisez-vous !

JEAN

Oui, notre maître. {Criant.) Vive BurkenstafF !

RATON, avec satisfaction.

C'est bien, mes amis; mais du silence. {Lisant) Nous Christian VII., roi de Danemark, à nos fidèles sujets et habitants de Copenhague. Après avoir puni la trahison, il nous reste à récompenser la fidélité dans la personne du comte Bertrand de Rantzau, que, sous la régence de notre mère, la reine Marie-Julie, nous nommons notre premier ministre...

RANTZAU, d'un air modeste.

Moi, qui ai demandé ma retraite et qui veux me retirer des affaires...

RATON, sévèrement.

^ Vous ne le pouvez pas, monsieur le comte ; le roi Tordonne, il faut obéir... Laissez-moi achever, de grâce! {Continuant de lire.) Dans la personne du comte Bertrand de Rantzau, que nous nommons premier ministre, {avec emphase) et dans celle de Raton BarkensîafF, négociant de Copenhague, que nous nommons dans notre maison royale {baissant la voix) premier marchand de soieries de la couronne."

TOUS

Vive le roi ! ,

JEAN

C'est superbe! nous aurons les arm.es royales sur notre boutique.

RATON, faisant la gnmace.

La belle avance !,.. et au prix que ça me coûte !..^

TEAN. . ,

Et moi, la petite place que vous m'avez promise . ...

RATOX.

Laisse-moi tranquille !

JEAN. .! ScS ,v!::j\7g!hvts.

Quelle ingratitude!... moi qm suis cause de tout... aussi il me le paiera !

mi^que le roi rexige??faut bien s'y soumettre n.eV eu s et se charçrer d'un fardeau quallcgera. je en ère 0"'-v n^^^'sfrafs). l'affection de mes concuoyens 4 ) Pour vous, mon ieune oflicier, qui dans cette occasion avez couru les plus grands risques... on vous doit quelque récompense.

ÉRIC, avec franchise.

,\ucune- car, ie puis le 'dire maintenant a vous a vo-as seul..', (a -î/.lr./.r.) Je nai jamais conspire ! R \XTZ -VU, //// imposant siJaicc.

C'est bien ! voilà de ces choses qu'on ne dit jamais...

^P^^'- RATON, à p.irl, irisîniunt.

Fournisseur de la cour!

MARTHE

Tu dois être content... c'est ce que tu désirais.

RATON

Te l'étais déjà par le tait, excepté que je fournissais deuK r:,nes, et q'u'en en renvoyant une je perds la moitié de ma clientelle.

■MARTHE. j t

T-t tu as risqué ta fortune, ton existence, celle de ton fil? qtii Sst blessé... dangereusement peut-être... et

pourquoi

RATON, monirant Ranîzau d KoUcr, Pour que d'autres en profitent.

:marthe.

Iniites donc des conspirations !

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