ACTE II. SCÈNE IL
MARTHE
Toi!
RATON
A la reine-mère ! une pétition que je lui adresse au nom de mes confrères, parce que la reine-mère n'a rien à me refuser. Si tu avais vu, ma femme, comme elle m'a accueilli ce matin et en quelle estimée je suis auprès d'elle!...
MARTHE
Et qu'est-ce qu'il te reviendra de cela ?
Ce qu'il m'en reviendra î tu parles bien comme une femme, comme une marchande de soie qui n'entend rien aux affaires... Ce qu'il m'en reviendra ! {il se lève et sort de son comptoir) du crédit, de la considération... on devient un homme influent dans son quartier, dans la ville, dans l'état... on devient quelque chose, enfin.
MARTHE
Et tout cela pour être fournisseur breveté de la couronne ! il te faut des titres ! tu n'as jamais eu d'autres rêves, d'autres désirs.
RATON
Laisse-moi donc tranquille... il s'agit bien d'être fournisseur de la couronne!... (.4 demi-voix,)^ Il s'agit d'être prévôt des marchands, et peut-être même bourgmestre de la ville de Copenhague... oui, femme, oui, tout cela est possible... avec la popularité dont je jouis et la faveur de la cour.